Après une semaine marquée par de forts séismes dans le sud-est asiatique,
et fortement médiatisé, je vous propose, en ce Dimanche, un sujet un peu plus "léger" ... quoique ?
Volcano Buono, le seul volcan à être entré en éruption sur le continent européen dans le courant de ce siècle, est situé à proximité du Vésuve.
Titre racoleur qui annonce la création d'un immense centre commercial : Imaginé
par l'architecte Renzo Piano pour revitaliser le district commercial de la cité de Nola, à proximité du Vésuve, considéré déjà comme le plus important terminal de fret du centre de l'Italie, ce
centre commercial épouse les formes coniques d'un cratère; celui-ci contient un théatre d'extérieur et un marché, formant ainsi une sorte d'agora antique ;
un supermarché et de nombreux commerces, un cinéma de 2.000 places, un hôtel et
des restaurants occupent concentriquement l'espace autour du cratère.
Le toit est traité comme une butte engazonnée et plantée de 25.000 plants. Une série de "skylights" crible le toit pour apporter un éclairage naturel
Si les parkings avaient pu être souterrains, l'ensemble aurait pu "passer"...
Les gigantesques zones bétonnées, recouvertes de véhicules, ne me font quand même pas penser à de la lave entourant le cône... et je leur préfère l'environnement beaucoup plus naturel du Vésuve
tout proche.
La silhouette imposante du Vésuve et l'agglomération Napolitaine sous sa menace directe.
Le volcan GAUA , au Vanuatu, montre des signes de future éruption :
il est fait mention d' "augmentation de l'activité sismique, d'émission de gaz sulfureux et de pollution des eaux".
Officiellement, les autorités du Vanuatu n'ont fixé le statut d'alerte qu'au niveau 1 (sur 5) ... l'histoire de précédentes évacuations, non suivies d'éruptions, font que la population locale ne
prend pas au sérieux les grondements du volcan.
La reprise del'activité depuis les années 1960 indique une probable remontée de magma vers la surface. Ce volcan, niché dans une caldeira occupée par un lac, présente un risque important
d'interaction entre le magma et un volume d'eau considérable... ces éruptions phréatomagmatiques sont extrèmement explosives.
On peut observer une activité de dégazage permanente sur les rives du lac Letas et dans l'eau de celui-ci, qui peut atteindre à cet endroit les 50°C
photo IRD/ Michel Lardy
Cliquez sur la photo pour accéder à l'article sur le Vanuatu.
Source : The volcanism blog - http://volcanism.wordpress.com
Statut du volcan Gaua dans le Global Volcanism Program / photo du Mt Garat et du lac Letas par John Seach 1999.
Country:
Vanuatu
Subregion Name:
Vanuatu
Volcano Number:
0507-02=
Volcano Type:
Stratovolcano
Volcano Status:
Historical
Last Known Eruption:
1982
Summit Elevation:
797 m
2,615 feet
Latitude:
14.27°S
14°16'0"S
Longitude:
167.50°E
167°30'0"E
The roughly 20-km-diameter Gaua Island, also known as Santa Maria, consists of a basaltic-to-andesitic stratovolcano with an 6 x 9 km wide summit caldera. Small parasitic vents near the
caldera rim fed Pleistocene lava flows that reached the coast on several sides of the island; several littoral cones were formed where these lava flows reached the sea. Quiet collapse that
formed the roughly 700-m-deep caldera was followed by extensive ash eruptions. Construction of the historically active cone of Mount Garat (Gharat) and other small cinder cones in the SW
part of the caldera has left a crescent-shaped caldera lake. The symmetrical, flat-topped Mount Garat cone is topped by three pit craters. The onset of eruptive activity from a vent high on
the SE flank of Mount Garat in 1962 ended a long period of dormancy.
Une équipe du CNRS, dirigée par Haroun Tazieff, constate la présence en 1967 de deux lacs de lave au Erta Ale.
A cette date, les lacs actifs étaient logés dans leurs deux pit craters à 160 m. de profondeur. Dès lors, le niveau et l'activité de ces deux lacs n'a cessé de fluctuer.
En 1971, leurs surfaces situées à environ 30 mètres par rapport aux lèvres des puits sont agitées de fontaines jaillissant à une quinzaine de mètres de hauteur.
Fevrier- mars 1972 : toute la surface interne du pit crater nord est occupée par un lac de lave actif, soit 300 x 200 m.
A partir de 1973, les deux lacs de lave débordent de manière épisodique et ce, pendant deux ans. Une montée synchrone des lacs laisse supposer que, bien qu'il n'y ait pas de communication directe
et superficielle entre eux, il y aurait une interconnection profonde sans doute par un réservoir commun, qui aurait reçu un apport de magma frais en provenance du manteau.
En 1976, le pit crater nord ne mesure plus que 100 m. de diamètre.
Entre 1984 et 1986, les niveaux des lacs semble stable et oscille entre 70 et 110 m. de profondeur.
En février 1987, des photos-satellite attestent de la disparition du lac de lave dans le pit crater nord.
En septembre 1992, le pit crater nord a repris ses dimensions initiales : +/- 300 m. de diamètre. Il fume très fort, mais pas de présence de lave !
La progression en direction du nord s'effectue sur le fond de la caldeira, recouverte des coulées de débordement des années
septante.
Il faut gravir des coulées imposantes, contourner l'un ou l'autre hornito(*) fumant, eviter les trous révélant des tunnels de lave sous-jacent au plancher bien plat à cet endroit... ils témoignent
d'un des mode de dispersion de cette lave très fluide lors des débordements.
Le pit crater nord fume abondamment, nous obligeant au port du masque, spécialement sur sa rive ouest, en contournant ses bords
fissurés et instables. Les gaz soufrés jaunissent les blocs de lave et sont agressifs pour nos poumons, notre peau et nos vêtements... mes cheveux sont passés du gris argenté à une teinte vaguement
jaunâtre - pas très appétissante - et le short de mon compagnon de tente, du gris souris au violet.
Pour mes cheveux, ça s'est arrangé avec un shampooing lorsque nous avons retrouvé la civilisation; le short, lui, est resté de la même teinte !
(*) Hornito : petit cone de qq. mètres de haut, prenant
naissance à la surface de la coulée; ils sont construits par l'émission, à travers la croûte solidifiée de la coulée, d'un peu de lave sous pression.
(J.M.Bardintzeff in Volcanologie - Dunod )
Le PIT CRATER SUD est occupé par un lac de lave, présent depuis qu'il est connu.
H.Tazieff fait une distinction entre "lac de magma" et "lac de lave" : le lac de magma est alimenté par sa
base en liquide sursaturé en gaz, et est le siège de mouvements de convection, avec dégazage partiel produisant des fontaines de lave (cas de l'Erta Ale); le lac de lave résulte de
l'accumulation de coulées très fluides déversées dans un bassin de l'édifice volcanique.
Un lac de lave est un "miracle permanent", tant les facteurs de survie d'un tel appareil
sont complexes : il faut, pour que le lac perdure, un équilibre parfait entre l'alimentation et la vidange de la lave d'une part, entre l'apport et la
perte de calories d'autre part.
Si l'apport calorifique est trop faible, le lac se fige...la croûte qui le recouvre s'épaissit, durcit : c'est ce qui est
arrivé au niveau du pit crater nord.
Si au contraire, l'apport de chaleur dépasse les pertes, le phénomène va s'emballer ...la lave va bouilonner, monter et finir
par déborder du cratère, et le volcan "entre en éruption" : c'est arrivé en 1972, avec le premier débordement observé dans le cratère de l'Erta Ale.
Le fait que le niveau du lac sud ( débordant) soit à ce moment plus élevé que celui du
nord (à 30 m. de profondeur) semble indiquer qu'il n'existe pas de communication directe entre les sources d'alimentation des deux puits d'effondrement, même si la lave est de composition
similaire. ( G.de Saint-Cyr - carnets de trek).
Ces conditions d'équillibre sont rarement rencontrées : hormis celui-ci, le Niyragongo (branche ouest du rift Africain),
l'Erebus (Antarctique) sont actifs depuis plusieurs décénnies; d'autres endroits en présentent, avec une durée de vie plus courte : la caldeira d'Ambrym (Vanuatu), le Kilauea (Hawaï), le Masaya
(Nicaragua).
Une peau noire et souple recouvre le lac de lave, percé par des fontaines de lave, et agité par des mouvements convectifs,
responsables des déchirures. Le ressac de la lave sape les parois de la terrasse.A noter, le dégazage bleuté de
dioxyde de soufre à gauche de la photo.
Des mouvements de convection et un dégazage intensif produisant des fontaines de
lavefont bouger cette croûte de la même manière que les mouvements de convection de l'asthénosphère font bouger les
plaques tectoniques ... Leçon de tectonique en miniature et vitesse accélérée !
Un rapport spécial concernant l'activité du Galeras nous est fourni par l'INGEOMINAS .
Une éruption explosive s'est produite le 30 septembre 2009, à 9 h.14.
Elle a été accompagné d'ondes de choc, qui ont ébranlé les villages avoisinants. Le personnel du Parc National a relaté les explosions et l'émission de matériaux incandescents dans le secteur du
cône actif.
Associé à l'éruption, une colonne de cendres s'est élevée à une hauteur comprise entre 8 (observations locales) et 11 km. (selon le VAAC).
Les niveaux de dioxyde de soufre, mesurés entre 9 h.30 et 10 h., étaient compris entre 1.100 et 9.300 tonnes /jour.
Des chutes de cendres ont été observées dans les municipalités environnantes : Sandona, Ancuya, Linares, La Llanada et Sotomayor.
Photo Ingeominas 30.09.2009 à 9 h.15
Le nuage de cendres est visible dans le trou de nuage, en haut.
Un clic sur l'image vous dirige vers le site de l'observatoire volcanologique.
Malgré la diminution de la sismicité après le phénomène éruptif, et étant donné l'activité actuelle ainsi que passée du volcan, le niveau d'alerte est maintenu. Pour mémoire, le Galeras a connu des
épisodes éruptifs en février et juin 2009.
Source : Texte original de l'Ingeominas : http://intranet.ingeominas.gov.co/pasto
/Imagen:Reporte_extraordinario_de_actividad_volcan_Galeras_del_30_de_septiembre_de_2009.pdf
Une superéruption a laissé des traces dans les alpes italiennes, plus précisémment dans le Val Sesia, selon l'équipe de
J.E.Quick, professeur de géologie à la Southern Methodist University.
Son étude permettrait de mieux comprendre les "super-volcans", comme le Yellowstone, deuxième plus grand super-volcan au monde et qui a connu sa dernière éruption il y a 630.000 ans.
Un soulèvement rare de la croute terrestre dans le Val Sesia révelle pour la première fois la "tuyauterie" d'un super-volcan depuis la surface terrestre jusqu'à la source magmatique située dans les
entrailles de la terre. Ce soulèvement nous expose les traces de mouvement du magma au travers de la croute terrestre ... sur une profondeur exceptionnellement atteinte de 25 km. ( jusqu'à présent,
les études se sont faites sur maximum 5 km.)
La caldeira de Sesia s'est formée lors d'une éruption datée du permien
- 248 à 298 millions d'années - et mesure plus de 13 km. de diamètre.
Quick, qui fut coordinateur pour les risques volcaniques à l' USGS déclare : " Ce qui est nouveau, c'est de voir le système de tuyauterie sur toute sa longueur au sein de la croute terrestre. Nous
allons pouvoir comprendre le processus fondamental qui influence les éruptions : Où sont stockés les magmas avant une superéruption ? De quelle profondeur émanent ces éruptions?"
Cette exposition permettra d'établir les "liens de causes à effets" entre le volcanisme explosif et le mouvement des roches en fusion dans la croute terrestre. Sesia est la "pierre de Rosette" qui
permettra de mieux comprendre et prévoir l'éruption de ces super-volcans, dont parlent les scientifiques depuis une dizaine d'années seulement... mais qui ont eu des effets dévastateurs sur le
climat de la planète et sur la vie humaine.
Sources:
- "Magmatic plumbing of a large Permian caldera exposed to a depth
of 25 km." in Geology juillet 2009.
- "Metamorphism of metasediments at the scale of an orogen :
a key to the tertiary geodynamic evolution of the Alps"
Potsdam universität.
Né d'un point chaud, il y a 12.000 ans (Holocène), l'ERTA ALEest un volcan-bouclier basaltique, culminant à 613 mètres sur une dorsale océanique émergée (*).
Sa caldeira elliptique mesure 700 m. sur 1.600 m. De caractère effusif, on lui connait un lac de lave quasi permanent.
Les références soulignées en rouge donnent accès, par un simple clic, aux fiches signalétiques du Global volcanism
Program.
image infra-rouge Aster - sat. Nasa - tout ce qui est "chaud" est représenté en teintes claires .
on peut voir un point blanc
correspondant au lac de lave du Erta Ale.
Un peu d'histoire :
en raisons des conditions climatiques extrêmes et des problèmes politiques en Afar, l'Erta Ale, qui compte parmi les volcans les plus inaccessibles de la planète, n'a été visité qu'épisodiquement
et par très peu de scientifiques.
Au milieu du 19°siècle, une expédition conduite par le capitaine Julietti fut massacrée par les guerriers Afars.
En 1967, une équipe du CNRS, dirigée par Haroun Tazieff, constata la présence de deux lacs de lave dans les puits d'effondrements nord et sud.
C'est Tazieff qui conduira par après les principales expéditions scientifiques à l'Erta Ale.
En 1972, la lave a atteint les bords du pit crater et s'épanche dans la caldeira. Les coulées vont déborder de la caldeira en 1974 pour recouvrir les flancs du volcan.
(à noter les limites du cratère sud dans les années 1970)
04.1972 - J.Varet , in GVP
En 1987, le lac de lave du cratère nord a disparu ...
une croûte solide a remplacé l'habituelle incandescence.
En 2003, on constate une baisse d'activité dans le cratère sud; sa surface se fige peu à peu, un hornito abritant un étang de lave de 30 m. de diamètre.
Cross section de 2003 - par
Bardintzeff & Pothé, in GVP.
Le 21.02.2004, seuls trois hornitos rougeoient.
En octobre 2005, la lave occupe à nouveau la superficie totale du pit crater sud.
Le lendemain, les dromadaires sont arrivés et on peut heureusement poursuivre le programme initialement prévu, ayant reçu eau et vivres.
Pour accéder à LA CALDEIRA, il faut descendre le long d'une paroi raide, haute de 60 mètres, sur un chemin étroit fait de blocs instables .
Notre bivouac est en contrebas de l'avant-plan; d'ici, on voit à peine le départ du chemin de descente. Le brouillard bleuté vient du dégazement fort de dioxyde de soufre du pit crater sud...
port du masque obligatoire !
Puis progresser sur les laves émises lors des débordements des années 70, et y rencontrer toutes les formes que peut prendre une coulée de lave fluide.
Partout, sur la caldeira, de longs filaments de verre volcanique très urticants
:
les "cheveux de Pelée.(*)
Près du pit crater sud, une forme antropomorphique rend hommage
à la déesse des volcans, Pelée. (*)
Avec le printemps sur l'hémisphère sud, la vision satellitaire s'améliore.
Le satellite EO-1 de la Nasa nous gratifie d'une belle vue dégagée sur le volcan, où la croissance du dôme continue.
The Advanced Land Imager (ALI) aboard the NASA/USGS Earth Observing-1 (EO-1) satellite acquired this natural color image of Chaitén on September 27, 2009, at roughly 10:30 am local time. The U.S. Air Force Weather Agency reported an ash plume extending 56 km (35 miles) northwest of the summit at the time the image was taken.
L'actualité du Chaiten peut être suivie en direct sur les webcams
webcam du 27.09.09. - 9h.49
L'éruption débutée en mai 2008 se poursuit toujours, avec production de panaches de vapeurs et cendres hauts en moyenne de 1,5 à 2,5 km. ; ils sont accompagnés d'effondrements périodiques du dôme
avec productions de flux pyroclastiques.
Le dôme en date du 23.01.2009 - 11h.26 - Sam Beebe - Wikimedia
commons.
Photo et shéma du GVP - H.Moreno - mai 2008.
Incidence sur la santé des populations proches du volcan ou subissant des retombées :
La production continue de cendres/poussières volcaniques peut induire des crises d'asthme chez les personnes prédisposées et aggraver les symptômes chez les personnes ayant des problèmes
respiratoires.
Le port du masque est conseillé lorsque l'exposition à cette poussière augmente e.a. par temps sec, venteux et lorsque la poussière est remuée par le trafic local.
La composition des échantillons est de la rhyolite (à 72,5-74,5 % SiO²);
la taille des particules est fine et la quantité de particules respirables
( <4µm) est comprise entre 8,8 et 11,9 % en vol. (Report on the microbiological and geochimical characterisation of Chaiten ash for the assessment of respiratory health hazard).
- Volcans du monde - M. & K. Krafft - L'Odyssée Flammarion
- Les feux de la terre - M. & K. Krafft - Ed. de La Martinière
- Volcans et éruptions - M. Krafft - Hachette
- Les feux de la terre, histoires de volcans - M. Krafft - Gallimard
- Au coeur de la Fournaise - M. Krafft & R. Benard - Ed. Nourault
- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft & F.de Larouzière
- L'odeur du soufre, expédition en Afar - H; Tazieff - Stock
- Sur l'Etna - H. Tazieff - L'Odyssée Flammarion
- Volcanologie - J-M. Bardintzeff - Dunod
- Volcanism - H-U. Schmincke - Springer
- Vulkane der Eifel - H-U.Schmincke
- Vom magma zum Mühlstein - Bellerberg vulkan - E.Harms
- Guide des volcans - M. Rosi & al. - Delachaux et Niestlé
- Des volcans et des hommes - J. Durieux & Ph. Bourseiller -
Ed. de La Martinière
- Volcans - J-M. Bardintzeff & O. Grunewald - Chene
- Volcans - P. Clarkson - Nathan
- Volcanoes of North America - Ch.A.Wood & J.Kienle
- Windows into the earth - Robert Smith & Lee Siegel
- Volcans, carnets de trek 1 , Erta Ale, Dallol, lac de sel Karoum
G. de Saint-Cyr - Envies d'ailleurs