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Mardi 14 mai 2013 2 14 /05 /Mai /2013 00:00

Wrangell-USGS.jpg

      Alaska - le Mont Wrangell et le Mt Zanetti, un spatter-cinder cone, sur la gauche- photo USGS


Le Mont Wrangell est un important volcan-bouclier andésitique : trente 266506.jpgkilomètres de diamètre basal, pour un volume de 900 km³. Son sommet occidental culmine à 4.271 mètres. Il est couronné par une caldeira de 6 km. sur 4, emplie de glace et dont la profondeur excède 1 km.

 

Diamètres et hauteurs comparés des différents types de volcans - les géants sont les volcans-boucliers, dont le Wrangell - doc. Guide to the Volcanoes of the Western Wrangell mountains.

 

Cette caldeira n’a pas une origine explosive, mais semble s’être formée en réponse au retrait du magma des réservoirs situés dans la zone sommitale.

 

WRANGELL-VOLCANO-BOOK17.jpg

Coupe d'un modèle illustrant le développement d'un volcan-bouclier type Wrangell - Doc. guide to the volcanoes of the Western Wrangell Mountains.

 

mt-Wrangell-map---USGS.gifTrois cratères,  post-caldeira, d’un diamètre de moins d’un kilomètre, se sont formés sur le bord ouest et nord de la caldeira ; ils présentent une activité géothermale (photo ci-dessous).

Le flanc nord abrite un cône de projections et de cendres, le Mont Zanetti : 450 m. de haut (il culmine à 3.965 m.), il a été la source de coulées de lave.

 

Carte simplifiée du Mt. Wrangell - doc. USGS


Des coulées de lave ont parcouru 58 km. sur le flanc sud-ouest, une mobilité due à un ratio d’éruption élevé, et non à leur composition andésitique riche en phénocristaux (Nye 1983).

Des glaciers couvrent son sommet et ses flancs : au nord, le glacier Nabesna, au sud, le Chetaslina, à l’est, le Chichokna et le Dadina.

 

Wrangell-ice-filled-caldera.jpg Mt Wrangell - une portion de la caldeira - activité fumerollienne au niveau d'un des trois cratères post-caldeira Photo Chris Nye (Alaska Division of Geological and Geophysical Surveys, Alaska Volcano Observatory).

 

Mt-Wrangell---neiges-eternelles---NPS.jpg                        "Les neiges éternelles du Wrangell" - photo National Park Service.


Son histoire éruptive est longue.

Il a commencé à se construire il y a 750.000 ans sur un édifice plus ancien datant du pléistocène ; une accumulation de volumineuses coulées de lave lui ont donné sa masse, principalement entre il y a 600.000 à 200.000 ans. La caldeira sommitale s’est formée par effondrement, probablement il y a 50.000 ans.

Le Mont Zanetti a été actif à la fin de la dernière glaciation importante, il y a moins de 25.000 ans.

Son activité a été marquée par trois épisodes violents en 1784, 1884-85 et 1900. Au 20° siècle, le GVP rapporte sept éruptions. La dernière est datée du 1° et 2 août 2002.

 

Wrangell-1902---W.C.Mendenhall-USGS.jpgLe Mt. Wrangell durant l'été 1902 - photo archives USGS / W.C. Mendenhall, géologue - un panache de vapeur marque le sommet, et les flancs sont noircis par de la cendre.


Le Mont Wrangell est toujours considéré comme actif ; ses trois cratères post-caldeira présentent des fumerolles, et un panache de vapeur peut surmonter occasionnellement le sommet, par temps calme.  De plus, les cratères nord et ouest ont été le siège d’activité phréatique au cours des temps historiques, et le sommet est de temps en temps noirci par une fine couche de cendres noires.

 

Wrangell---profsurv.jpgMt. Wrangell - fumerolles au niveau d'un cône post-caldeira, situé en bordure de celle-ci - photo profsurv

 

Wrangell--flanc-NO-cendres-de-crat.-O---Traw--Doyle---AVO.jpgMt. Wrangell flanc nord-ouest - des cendres recouvrent les neiges (émises par le cratère ouest ?) - photo Taw, Doyle / via AVO-USGS


Des recherches récentes indiquent que l’activité fumerollienne et phréatique sommitale croît et décroît en réponse aux variations de flux de chaleur, qui à son tour, peut augmenter après des séismes majeurs touchant le sud de l’Alaska.

Deux exemples :

- après le séisme Yakataga de 1899, les retombées de cendres sur le champ de glace sommital se sont fait communes,  et

- après le séisme de 1964 de M 8,3, l’activité thermale sommitale (cratère nord) s’est accrue fortement, phénomène suivi par l’université d’Alaska grâce aux changements du volume des glaces (link). L’activité sismique peut apparemment modifier les canaux de convection des eaux sous les cratères pour permettre un meilleur transfert calorifique.

 

11wra01f.pngMt. Wrangell - coupe du cratère nord montrant les changements de volume de la glace recouvrant celui-ci , entre 1957 et 1983, et une nette diminution après 1965, causé par l'accroissement du flux de chaleur.
 d'après Benson et Motyka (1978) et Benson & al. (1984) / GVP.

 

Wrangell-----NPS-2.jpg Coucher de soleil sur le Mt. Wrangell (avec le Mt. Zanetti bien éclairé sur la gauche) - photo N.P.S.


Toponymie :

Admiral-Wrangel.jpg Il doit son nom au baron russe Ferdinand von Wrangell, amiral, explorateur, homme d'État, scientifique et président de la Compagnie russe d'Amérique entre 1830 et 1835. Il est également appelé pic Chechitno, K'elt'aeni ou Uk'eledi. K'elt'aeni signifierait approximativement "celui qui contrôle " dans le dialecte athapascan des Ahtnas tandis que Uk'eledi est "celui qui fume ".

 

Sources:

- Global Volcanism Program - Wrangell

- USGS - Guide to the volcanoes of the Western Wrangell Mountains.

- N.P.S. - Wrangell-St Elias - link

- Summitpost - Wrangell mountains - link

Par Bernard Duyck - Publié dans : Excursions et voyages - Communauté : VOLCANS
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Dimanche 12 mai 2013 7 12 /05 /Mai /2013 00:00

3D9A832A-1DD8-B71C-0719CE779D786233-large.jpg                       Alaska - Les Monts Wrangell et la Cooper river - photo National Park Service

 

_maps_wrangells.jpg                                                        Alaska - les Monts Wrangell

 

Le champ volcanique Wrangell couvre 10.400 km², et s’étend depuis le bassin de la Cooper river en Alaska en direction de l’Est, au travers des Monts Wrangell vers les monts St Elias et le territoire Canadien du Yukon.

Les volcans qui le composent se sont établis et ont émis leurs coulées sur un sous-bassement plus ancien à l’histoire géologique complexe : le terrane Wrangelia.


En géologie, un terrane est un morceau de croûte terrestre qui s'est détaché d'une plaque tectonique puis accrété ou suturé  sur une plateforme continentale ou un craton d'une autre plaque tectonique, ayant ainsi une histoire géologique différente de celle de ses formations environnantes. Il s'agit en général de matériaux apportés par subduction. 

 

WRANGELL-VOLC.-F.-12.jpg Alaska - le champ volcanique Wrangell, coloré -  les principales failles et les limites des terranes Wrangelia et Yakutat - doc. Wrangell volcanoes / USGS


Le terrane Wrangelia a débuté son histoire en tant qu’arc volcanique, il y a quelques 300 Ma. Après la cessation d’activité de cet arc volcanique, un rift s’est développé entre celui-ci et le continent nord-américain ancestral … les éruptions basaltiques ont rempli le bassin du rift. Ensuite, ce sont des mers chaudes et peu profondes qui ont déposé du calcaire et d’autres sédiments sur ces roches volcaniques. Sous l’effet de la tectonique, le terrane Wrangelia est remonté vers le nord, au cours des 200 Ma suivants, pour enfin se souder à d’autres terranes et se coller au côté ouest de l’amérique du nord, il y a 100 Ma. Le terrane Yakutat s’y est accolé il y a 26 Ma, et est en partie responsable du développement du champ volcanique Wrangell.

 

WRANGELL-VOLCANO-BOOK15.jpg Alaska - le développement au cours des derniers 25 Ma du champ volcanique Wrangell au travers de la subduction de la plaque Pacifique sous la plaque Nord-Américaine. - doc. Wrangell volcanoes / USGS

 

Les volcans du champ Wrangell :

Ils ont commencé à se développer, il y a 26 Ma, lorsque le terrane Yakutat, poussé par le mouvement vers le nord-ouest de la plaque Pacifique, a commencé sa subduction sous la plaque continentale nord-américaine. La forte subduction et la production magmatique volumineuse sont responsables de la croissance des géants du champ volcanique : les Monts Sanford et Wrangell, deux volcans-boucliers imposants.

Les volcans les plus anciens ont vu leur superstructure érodée par divers processus, dont les glaciers, et seul le Mt. Wrangell  possède encore une vague forme de bouclier.

 

Wrangell---Drum---D.Richter-AVO.jpg

Alaska - à gauche, le volcan-bouclier Wrangell (4.317 m.) - à droite, le Mt Drum (3.661 m.) - à l'avant-plan, la Cooper river - photo D. Richter / AVO-USGS.

 

En complément de ces volcans-boucliers, de nombreux petits cônes de cendres ont dispersés dans le champ volcanique ; ils sont typiquement de composition basaltique ou andésitique, généralement monogéniques et formés postérieurement au bouclier qui les abrite. Un exemple nous est donné avec le Mt Gordon.

Au sud-est du champ volcanique, et dans les Monts St Elias, les volcans sont datés entre 26 et 5 Ma. Par contre, tous les volcans des Monts Wrangell ouest ont moins de 5 Ma.

 

WRANGELL-VOLCANO-BOOK18.jpg

Alaska - périodes d'activité éruptive des différents volcans de l'ouest du groupe Wrangell, du plus jeune, le volcan-bouclier Wrangell, au plus âgé, le Mt Blackburn - doc. Wrangell volcanoes / USGS

 

Sources :

- USGS - Guide to the volcanoes of the western Wrangell mountains, Alaska - by D.H. Richter & al.

- AVO-USGS - Mount Wrangell - link

- Global Volcanism Program - Alaska eastern volcanoes - link

Par Bernard Duyck - Publié dans : Excursions et voyages - Communauté : VOLCANS
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Samedi 11 mai 2013 6 11 /05 /Mai /2013 00:00

Mexique – Popocatepetl

Dans la nuit du 7 au 8 mai, un épisode de trémor spasmodique de haute amplitude a accompagné l’émission de fragments incandescents à plus de 500 m. du cratère, sur le flanc NE surtout, et un panache  de cendres qui a atteint 3000 mètres au dessus du sommet.

Des chutes de cendres ont été rapportées sur San Pedro Benito Juarez, San Juan Tianguismanalco, Atlixco et certains quartiers de Puebla.

(Cenapred)

 

2013.05.07-21h27-Popo.jpg                                 Popocatepetl - webcam Tlamacas - 07.05.2013 / 21h27

 

Popo - Christobal Garciaferro Rubio

Popocatepetl - l'éclairage spécial de l'Abbaye magnifie le volcan empanaché - photo  non datée de Christobal Garciaferro Rubio.

 

 Colombie - Nevado del Ruiz

Des secousses volcano-tectoniques ont été ressentie le 2 mai  sous le versant NNO du volcan, à une profondeur située entre 4 et 7 km.

L’essaim de secousses semble s’atténuer, en nombre d’évènements et en termes de magnitude, les jours suivants, mais les foyers se rapprochent de la surface, entre 4 et 5 km.

Le niveau d’alerte reste au jaune, et la situation est prise au sérieux par les autorités qui se sont réunies à Bogota le 3 mai ; les gestionnaires de la crise se remémorent en effet la catastrophe d’Armero en 1985. (Ingeominas)

 

2013.04.30---7h45-NdR-ingeominas.jpg                                  Nevado del Ruiz - 30.04.2013 - photo Ingeominas

 

Equateur – Tungurahua

Depuis le 4 mai, l’IGEPN renseigne un niveau d’activité modéré, mais en hausse. Le Tungurahua continue d’émettre un panache de cendres, qui s’étalent ensuite sur des dizaines de kilomètres, et qui accompagnent de bruyantes explosions, et sont relayés par des panaches de vapeur.

Quand le sommet se découvre, l’activité strombolienne se révèle de nuit, avec l’expulsion de blocs retombant sur les flancs supérieurs.

Des lahars sont signalés le 4 dans différents drainages, la Pampa au sud et Vazcún, Juive, and Mandur au nord et nord-ouest.  

Une coulée pyroclastique descend le flanc nord-ouest sur 2.000 mètres, le 5 mai.

Des chutes de cendres sont signalées sur un secteur sud-ouest du 6 au 8 mai. (IGEPN – GVP)

 

2013.05.06-Tungu----IG.jpg         Tungurahua - 06.05.2013 - le panache est visible, malgré le temps couvert - Webcam IGEPN

 

2013.05.08.18h00-JLEN.jpg                  Tungurahua - 08.05.2013 / 18h00 - photo José Luis Espinosa-Naranjo

 

2013.05.09-Jose-Jacome---EPA.jpg                              Tungurahua - 09.05.2013 - photo Jose Jacome / EPA

 

2013.05.10.jpg             Tungurahua - 10.05.2013 -  activité strombolienne - photo José Luis Espinosa-Naranjo

 

Kamchatka – Tolbackinsky Dol

L’éruption, qui donnait des signes de faiblesse en début de mois, a repris des couleurs ; Le KVERT signale la continuation de la croissance des cinder cones sur la fissure sud, et des coulées de lave très fluide sur les flancs sud, est et ouest du Tolbachinsky Dol.

Toute la semaine, un léger panache de gaz/vapeur est observé, entrecoupé d’explosions de cendres et panache montant jusqu'à 6 km.

Une forte anomalie thermique est toujours repérée par les satellites/ via MODIS. (KVERT 9 mai)

 

Tolbachik_MODIS_Hotspots_2013.05.03.jpg                                          Tolbachik - MODIS hotspots - 03.05.2013

 

Indonésie

Paluweh (Rokatenda) : Le VAAC Darwin signale des panaches montant à 2.100 mètres avant de dériver SO et O, les 4-5 mai.

Papandayan : le VSI a relevé le niveau d’alerte à 3 Siaga, suite à une hausse de la sismicité. Une zone interdite de 2 km. est en vigueur.

 

Philippines – Mayon

Le Phivolcs rappelle après le tragique épisode du 7 mai que de petites éruptions phréatiques peuvent survenir sans signes précurseurs, et que le public doit s’abstenir de pénétrer la zone de danger permanent de 6 km. autour du cratère, en raison de ce danger toujours présent d’éruption phréatique et de chutes de roches. Le Phivolcs maintient le niveau d’alerte 0 – pas d’imminence d’éruption magmatique.

 

2013.05.07---Mayon---Rhaydz-Barcia-Reuters.jpg      Mayon - le panache de l'explosion phréatique du 07.05.2013 - photo Rhaydz Barcia / Reuters


Il signale que la petite explosion phréatique du 7 mai 2013 / 8h00 a cessé après 2 minutes et 26 sec. Elle s’est accompagnée d’une colonne de gaz et cendres, qui est montée à 500 m. au dessus du sommet et affecté de retombées le sommet et les zones au ONO du volcan.

Les témoignages des rescapés font état d’une atmosphère dantesque, de chutes de blocs allant de la grandeur d’une table à celle d’une voiture, dans un terrible nuage de poussières.

 

Mayon-2013.05.07---Police-et-guide-Nicanor-Mabao-Jr----AFP.jpgMayon - des policiers descendent le guide Nicanor Mabao Jr., bléssé mais en vie ... les hélicoptères ne savent pas atterrir sur le volcan en raison du mauvais temps - photo AFP

Par Bernard Duyck - Publié dans : Actualités volcaniques - Communauté : VOLCANS
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Vendredi 10 mai 2013 5 10 /05 /Mai /2013 00:00

A proximité des maars Ukinrek, le centre volcanique Ugashik-Mont Peulik a été le siège d’un volcanisme explosif qui comprend la formation d’une caldeira de 5 km. de large à la fin du Quaternaire, et d'une activité de dômes post-caldeira à l’Ugashik. Le stratovolcan Peulik s’est édifié sur le flanc nord de l’Ugashik à l’Holocène.

 

Ugashik-Mt-Peulik-volcanic-center--USGS15.jpgAlaska - le centre volcanique Ugashik-Mt. Peulik - les flèches noires correspondent à la direction des avalanche de débris relatives au Mt Peulik - en rouge, les plus grands monticules des avalanches en hummock. - carte USGS.

 

MountUgashik-peulik.---mountain-forecast-copie-1.gifAlaska - situation du complexe Ugashik-Mt.Peulik vis às vis des lacs l'entourant - carte Mountain forecast.


L’Ugashik :

L’édifice pré-caldeira de l’Ugashik, plutôt un complexe de dôme,  a été détruit à la fin du Pleistocène ; La datation K-Ar des roches volcaniques pré-caldeira est de 171.000 +/- 22.000 ans.

L’ effondrement a formé une caldeira de 5 km de diamètre. Le volume éjécté est estimé entre 5 et 10 km³, en un seule éruption plinienne, daté d’au minimum 40.000 ans.

Ces dépôts importants ont été retravaillés par la glaciation de la fin du Pléistocène.

 

Ugashikcaldera-adjacent-Peulik-volc.-M.E.Yount-USGS.jpgAlaska - la caldeira de l'Ugashik et cinq dômes, vus de l'est avec la lac Ugashik supérieur en arrière-plan.

- les trois plus grands dômes ont en arc de cercle en fond de caldeira, numérotés de 1 à 3 de gauche à droite - photo Betsy Yount (Alaska Volcano Observatory, U.S. Geological Survey - 11.04.1984)

 

Les éruptions post-caldeira ont formé de larges dômes, de dacite-rhyolite, qui recouvrent de nombreuses bouches et débris d’autres dômes ; ces matériaux recouvrent le plancher de la caldeira, ne laissant qu’un petit fossé entre les dômes et ses parois. Le côté NO du groupe de dôme est partiellement couvert d’une coulée de lave en blocs émise par le Mont Peulik.

Le plus grand dôme, de nature composite, mesure 440 m. de hauteur et 2.000 mètres de large. La surface douce de la plupart des dômes laisse penser qu’ils ont subi une glaciation … ils sont daté du pré-holocène, à l’exception du dôme I , interprété comme datant de l’holocène(au centre-gauche de la caldeira sur la photo ci-dessus).

 

Ugasik-du-N---Cyrus-Read--22.06.2006.JPG         Alaska - la caldeira de l'Ugashik, vue du nord - photo Cyrus Read 06.2006 / AVO-USGS

 

Durant l’Holocène, l’activité éruptive sest déplacée de quelques kilomètres en direction du nord, et la composition du magma a évolué de dacito-rhyolitique à basalto-andésitique  au Mont Peulik.

 

Le Mont Peulik :

C'est un petit stratovolcan tronqué, d’un diamètre basal de 10 km environ et d’un volume de 5,6 km³, qui s’est contruit sur un sous-bassement de roches sédimentaires du Jurassique, en au moins trois épisodes impliquant à la fois des évents de flancs et sommitaux. Il recouvre partiellement le flanc nord de l’Ugashik. Un cratère sommital, large de 1500 mètres, s’ouvre vers l’ouest ; il est occupé par un dôme de 500 m. de diamètre.

 

-Becharof_National_Wildlife_Refuge-Alaska---Mt-Peulik---US-.jpg   Alaska - le Mont Peulik et Gas Rocks, à l'avant-plan, vus du lac Becharof - photo Fish & wildlife sv.


Ce dôme, tout comme ces prédécesseurs, sont la source d’épais dépôts de coulées de blocs et cendres qui recouvrent le flanc ouest du volcan sur près de 40 km². Un petit dôme est présent sur le flanc Est, vers 1200 m. d’altitude, responsable d’une petite coulée de blocs.

Les dépôts d’une avalanche en hummocks, couvrant 75 km² au nord du volcan, représentent un effondrement sectoriel antérieur. Près de 450 monticules de taille valable et 360 lacs ou bassins d’un diamètre supérieur à 30 mètres sont répertoriés dans les dépôts cartographiés.

Des coulées de lave en provenance d’éruptions de flanc couvre 8 km² au nord du Peulik, s’étendant sur 6 km. en direction du lac Becharof.

 

Peulik---R.-Dreeszen---AVO-01.2006.jpg Alaska - Mt. Peulik, vu du lac Ugashik inférieur - le dôme est au centre de la somma - photo Dreeszen, Robert / AVO 13.01.2006

La seule éruption documentée du Peulik est datée de 1814. Une analyse satellite par interférométrie suggère un corps magmatique localisé à 6,6 km de profondeur, ayant subi une inflation de 0,051 km³ entre octobre 1996 et septembre 1997. (Lu & al) … ce qui laisse supposer une possible activité éruptive future.

 

Sources :

- Global volcanism Program - Ugashik-Peulik

- USGS - Geology of the Ugashik-Mount Peulik Volcanic Center, Alaska

By Thomas P. Miller

- AVO-USGS - Ugashik-Peulik volcano - link

 

Par Bernard Duyck - Publié dans : Excursions et voyages - Communauté : VOLCANS
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Mercredi 8 mai 2013 3 08 /05 /Mai /2013 00:00

Après les maars d’Espenberg, et toujours en Alaska plus particulièrement sur la péninsule du même nom, passons aux maars Ukinrek.

Ces deux maars sont situés à 1,5 km au sud du lac Becharof, et 12 km au NO du volcan Peulik, sur la faille Bruin Bay.

 

Ukinrek_Maars-south-shore-Becharof-lake--C.Nye-Geological--.jpg Alaska - les maar Ukinrek, à l'avant-plan, et Gas Rocks, formant une péninsule en bordure du lac Becharof. - photo C. Nye / Geological and geophysical survey - USGS.

 

Alaska-volcano-map.gif Péninsule Alaskienne - position des volcans sur l'arc volcanique - les maars Ukinrek et le groupe Ugashik-Peulik  sont situés en bordure du lac Becharof (et sur une ligne parallèle à la côte sud--ouest de l'île Kodiak) - doc. AVO-USGS.

 

Récents, ils furent créées au cours d’une violente éruption, de VEI 3, qui dura 12 jours, du 30 mars au 9 avril 1977. Une remontée magmatique le long de structures profondes recoupant la faille de Bruin Bay, et sa rencontre avec les eaux stockées dans les dépôts pyroclastiques riches en ponces intercalés dans le till (sédiments glaciaires non triés) génère une explosion phréatomagmatique, accompagnée d’un panache de gaz et cendres montant à 6.500 mètres, qui forme le maar Ouest.

 

Ukinrek-maar-03.04.1977----Ken-Parker.jpgAlaska - Ukinrek maar Ouest le 3 avril 1977 - on aperçoit un évent phréatomagmatique produisant une colonne de cendres et de la lave sur le plancher - Photo by Ken Parker, 1977 (Alaska Department of Fish and Game).

 

Ukinrek-maar-06.04.1977---Russell-Alaska-dept-fish---game-jpg

Alaska - Ukinrek maar - 06.04.1977 - la rencontre du magma et de l'eau - Photo courtesy of Russell. -  Alaska Department of Fish and Game./ AVO-USGS

 

Plusieurs jours après, l’activité glisse vers l’est, où de violentes explosions phréatomagmatiques forme le maar Est. Le panache de gaz et cendres monte à 4.000 mètres. Les explosions génèrent des " base surges " modérés et propulsent des blocs à 600 mètres.

La fin de la séquence éruptive se caractérise par un fountaining strombolien et la construction d’un dôme ; Au 10 avril, l’activité se résume au dôme qui fume.

 

ukinrek-maar-eruption-04.1977-USGS.jpg                               Alaska - Ukinrek maar Est -panache du 6 avril 1977 - photo USGS.


Le maar Ouest est de forme elliptique, de 170 mètres sur 105 et une profondeur de 35 mètres ; son homologue Est  a une forme circulaire, d’un diamètre de 300 mètres et une profondeur de 70 mètres. Le maar Est est occupé par un dôme de lave haut de 49 mètres, partiellement puis totalement recouvert par un lac de cratère.

 

West-Ukinrek-maar-08.93-G.McGimsey-AVO.jpg                Alaska- le Maar Ukinrek Ouest, en août 1993 - photo Game Mc Gimsey / AVO-USGS

 

ukinrek-maar-strata.jpg                   Alaska - le maar Ukinrek Est - dépôts stratifiées qui bordent le maar.

A view of the southeast crater wall showing stratified tephra deposits produced during the 1977 eruption. About 15 meters of tephra overlie a thin layer of glacial till that caps ash-flow deposits produced by an earlier eruption at Ugashik Caldera. Image by the United States Geological Survey.

 

ukinrek-maar-crater.jpg

Ukinrek-geologic-map---T.P.Miller---Miller-----Kienle--.gif


 

 

 

 

 

 

 

A gauche, vue verticale du maar Ukinrek Est - photo USGS.

A droite, coupe du maar Est et situation du dôme en 1977 - doc. Miller and Kienle 

 

Le matériel juvénile des éruptions de 1977 est de composition basaltique à olivine, dérivée du manteau ; les dépôts entourant le maar Est sont formés de couches altérnées de tephra de granulométrie fine à moyenne et de scories noires, avec des fragments lithiques. Leur épaisseur varie entre 11 et 26 mètres.

 

A proximité, en bordure du lac Becharof, les dômes dacitiques de Gas Rocks, datés du quaternaire, furent le site d’éruption phréatique il y a 2300 ans.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Ukinrek maars

- USGS - AVO - Ukinrek maars

- USGS - Geology of the Ugashik-Mt Peulik volcanic center, Alaska.

Par Bernard Duyck - Publié dans : Excursions et voyages - Communauté : VOLCANS
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Mardi 7 mai 2013 2 07 /05 /Mai /2013 08:18

 

Le volcan Mayon, situé dans l'archipel des Philippines, a produit, ce 7 mai 2013, une éruption phréatique sommitale, sans signes avant-coureurs.

Selon le Phivolcs, le panache produit était constitué principalement de vapeur d'eau et cendres grises, provenant de matériaux anciens emportés par l'émission de vapeur.

Cet incident a malheureusement tué cinq personnes et blessé plusieurs autres; un officiel du National Disaster Risk Reduction and Management Council a précisé que les retombées de bombes ont atteint trois groupes de visiteurs présents sur le volcan. Les corps des victimes seront ramenés vers les camps de base.

 

2013.05.07---Mayon-er.-phreatique---SETI-Quinews.de.jpg            Mayon - 07.05.2013 - éruption phréatique mortelle - photo Quinews.de / SETI

 

Vidéo de ABS-CBN en suivnt ce lien.

 

Sources :

- ABS-CBN news

- Quicknews.de / S.E.T.I.

 

Equateur - Tungurahua

Le volcan Tungurahua présente une augmentation de l'activité sismique et de l'occurrence d'explosions plus fortes et accompagnées de panaches plus chargés en cendres.

Dans l'après-midi du 5 mai, des émissions pulsatiles de gaz et cendres sont montées à 1.500-2.000 mètres avant de se disperser vers l'ouest, atteignant les villages de Cevallos, Quero, Mocha, Tisaleo et Pillate.

Vers 18h35, une coulée pyroclastique a descendu le flanc NO jusqu'à hauteur du refuge.

La nuit du 5 au 6 a été marquée par des explosions bruyantes.

 

2013.05.05-JLEN-3-.jpg

Tungurahua - 05.05.2013 - les émissions pulsatiles chargées en cendres se succèdent - photo ©Jose Luis Espinosa Naranjo.

 

2013.05.05---Coulee-pyro---W.Merino-IG.jpg

               Tungurahua 05.05.2013 - coulée pyroclastique - photo W.Merino / IGEPN

 

2013.05.05-JLEN.jpgTungurahua - 05.05.2013- activité strombolienne et retombées de blocs sur le sommet - photo ©Jose Luis Espinosa Naranjo.

 

2013.05.05-soiree---W.Merino-IG.jpg         Tungurahua - soirée du 05.05.2013 - émission de gaz et cendres - photo W.Merino / IGEPN

 

Sources :

- IGEPN - rapports des 5 et 6 mai

- photos de José Luis Espinosa-Naranjo et IG

Par Bernard Duyck - Publié dans : Actualités volcaniques - Communauté : VOLCANS
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Lundi 6 mai 2013 1 06 /05 /Mai /2013 00:00

Le champ volcanique basaltique Imuruk se compose de quatre unités stratigraphiques majeures, différentiables d’après leur degré d’altération et les sédiments sus-jacents : de la plus jeune à la plus ancienne, on relève : le Lost Jim flow (holocène), le Camille flow (Pléistocène), les structures Gosling et Imuruk (du Pliocène au début du Pléistocène)

 

Imuruk-lake-LF---Alaska-USGS.jpg                Le champ de lave Imuruk lake - photo Alaska Science center / USGS

 

Le champ volcanique est constitué de 75 évents environ, la plupart étant de petits cônes, entourés de coulées de lave. Chaque cône, d’une hauteur comprise entre 3 et 30 mètres, a généralement nourri une seule coulée. Quelques petits volcans-boucliers à activité monogénique s’y trouvent aussi. Les Caldeira jumelles (Twin calderas) les réprésentent : 120 m. de hauteur avec des cratères de 500 à 750 m. de diamètres pour 15 à 50 m. de profondeur.

Les coulées sont généralement de type pahoehoe, ont une épaisseur de plusieurs dizaines de mètres au point distal, une longueur de plusieurs dizaines de kilomètres.

Seules deux coulées sont suffisamment jeunes pour pouvoir être identifier clairement : la coulée Camille, et la coulée Lost Jim.  

 

Imuruk_volcanic_field---Nasa.jpg

Le champ volcanique Imuruk lake : le lac Imuruk au centre droit (en blanc - recouvert de glace), la Lost Jim lava flow au centre gauche (en gris), les monts Bendeleben couverts de neige en bas de la photo. - NASA Landsat7 image (worldwind.arc.nasa.gov)

 

La coulée Camille s’étend sur 39 km. depuis l’évent qui l’a produit.

 

La coulée de lave Lost Jim :

Cette coulée de lave est la plus grande et la plus jeune des coulées proche du cercle Arctique. Elle ne date que de l'an 300, et est épaisse de 3 à 45 mètres. Elle s’étend sur 35 km à l’ouest et 9 km au nord de son évent et couvre 230 km².

 

Lost-jim-lava-flows---NPS-2.jpg                                     Alaska - Lost Jim lava flow - photo N.P.S.

 

Lost-Jim-Lava-Flow_---NPS.jpg  Alaska - la coulée Lost Jim est un habitat pour les lichens, diverses plantes et animaux. - photo N.P.S.

 

Le cône Lost Jim est le plus grand et le plus jeune du champ de lave; il mesure 30 mètres de hauteur et est surmonté d'un cratère de 30 mètres de diamètre et 12 mètres de profondeur.

 

Lost-Jim-cinder-cone---VF-of-Imuruk-lake---Jim-clough-AVO.jpg Imuruk Lava Field - Lost Jim cone - photo Jim Clough / Alaska Division of Geological & Geophyiscal Surveys. / AVO USGS

 

 

 

Les structures Imuruk sont les plus étendues et couvre près de 2300 km². Elles datent d’entre 5,7 et 2,2 Ma, âge des autres champs basaltiques de la région de la Mer de Béring.

 

Imuruk-lake-lava-flows---Jim-Clough-AVO-ADGGS.jpg

Imuruk lake lava flows - photo Jim Clough / Alaska Division of Geological & Geophyiscal Surveys. / AVO USGS.


Les structures volcaniques Gosling sont plus récentes, datées de 900.000 -800.000 ans.

 

Sources :

- AVO - USGS : Imuruk lake

- Global volcanism Program - Imuruk lake

Par Bernard Duyck - Publié dans : Excursions et voyages
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Dimanche 5 mai 2013 7 05 /05 /Mai /2013 08:42

 

L'activité éruptive ne s'est pas fortement modifiée au Tungurahua, avec une émission d'un panache de gaz et cendres oscillant entre 1500 et 3000 mètres au dessus du cratère. De temps en temps des explosions se font entendre ... impressionnantes selon les témoignages locaux !

Dans la nuit du 4, de l'activité strombolienne marque le cratère du Tungurahua, avec des retombées de blocs sur tout le sommet.

 

2013.05.04 - JLEN. 2jpg Tungurahua - activité strombolienne et panache de cendres - 04.05.2013 - photo ©Jose Luis Espinosa Naranjo.

 

2013.05.04 3h30 JLENTungurahua - activité strombolienne intense, avec retombées ballistiques sur tout le sommet - 04.05.2013. / 03h30 -  photo ©Jose Luis Espinosa Naranjo.

 

2013.05.04---JLEN.jpg

                   Tungurahua -le 04.05.2013 au point du jour -  photo ©Jose Luis Espinosa Naranjo.


2013.05.jpg Tungurahua - le jour se lève sur un volcan toujours actif ... "quel panache" ! - 04.05.2013 - photo ©Jose Luis Espinosa Naranjo.

 

2013.05.04-14h15-Tungu--Pillate.jpg        Tungurahua - 04.05.2013 / 14h15 - panache gris de moyenne hauteur - webcam IGEPN Pillate.

 

Ce matin, pas encore de nouvelles ni de photos, mais au vu du sismo, la nuit a été "chaude" !

 

2013.05.05-sismo-tungu-RETU.gif               Tungurahua - sismo station REDU / IG du 04.05/20h au 05.05/01h00 - doc IGEPN

 

Sources :

- IGEPN - rapports - sismo - webcams

- Photos de José Luis Espinosa-Naranjo


Par Bernard Duyck - Publié dans : Actualités volcaniques - Communauté : VOLCANS
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- Volcans du monde - M. & K. Krafft - L'Odyssée Flammarion
- Les feux de la terre - M. & K. Krafft - Ed. de La Martinière
- Volcans et éruptions - M. Krafft - Hachette
- Les feux de la terre, histoires de volcans - M. Krafft - Gallimard
- Au coeur de la Fournaise - M. Krafft & R. Benard - Ed. Nourault
- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft & F.de Larouzière
- L'odeur du soufre, expédition en Afar - H; Tazieff - Stock
- Sur l'Etna - H. Tazieff - L'Odyssée Flammarion
- Volcanologie - J-M. Bardintzeff - Dunod
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- Vom magma zum Mühlstein  - Bellerberg vulkan - E.Harms
- Guide des volcans - M. Rosi & al. - Delachaux et Niestlé
- Des volcans et des hommes - J. Durieux & Ph. Bourseiller -
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- Volcans - J-M. Bardintzeff & O. Grunewald - Chene
- Volcans - P. Clarkson - Nathan
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Dictionnaire des volcans - D.Decobecq & J-C.Tanguy - éd. Gisserot.

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