Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 00:00

Dans la rubrique trop peu utilisée "Parole aux lecteurs", je vous soumets "in extenso" l'article de Michel Lecouteur, climato-volcanophile, paru en 2012 sur "Terre et volcans", avec son autorisation expresse.

 

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LE KATMAI – VOLCAN QUI EN 1912 A EU UN IMPACT CLIMATIQUE SUR L'HEMISPHERE NORD





Cette année 2012 marquera l’éruption du KATMAI qui a eu lieu du 6 au 8 juin 1912. Ce volcan est situé sur la presqu’île d’Alaska, à 160 km de l’île Kodiak aux grizzlis géants. Cette éruption d’un VEI 6 est considérée comme une éruption majeure ayant eu un impact climatique important. Elle a envoyé dans la stratosphère 5 millions de tonnes de dioxyde de soufre.
Une étude financée par la Nasa estime qu'elle a provoqué une baisse des températures estivales dans l'hémisphère nord. Elle a en outre affaibli la mousson asiatique, réchauffé l'Inde, et refroidi l'Asie l'hiver suivant.
Les aérosols volcaniques ont été « efficaces » ; en effet dès le mois d'août 1912, on constate en France une baisse significative de la température (cf graphique pour les années 1907-1916- relevés température moyenne mensuelle pour les mois d'août à octobre à Paris, et les précipitations du mois d’août à Rouen)



De nombreux articles ont été écrits dans la presse régionale de l’époque : C'est ainsi que dans le Journal du Loiret, du 17 août 1912, on écrit : « L'automne anticipé – Pour une bonne farce, c'en est une que nous joue cet hiver qui vient s'asseoir au beau milieu de l'été. A la mer il fait froid, à la montagne, il neige. Ici nous sommes arrosés sempiternellement et nous grelottons. Les chapeaux de paille ont disparu, en revanche on a ressorti les pardessus. L'an dernier, à pareille époque, nous avions 35°, aujourd'hui nous avons 15° et nous souffrons du froid. »




A Rouen, nous ne sommes pas mieux traités. M. Raymond Coulon, secrétaire de la commission départementale de la météorologie, écrit :
« En août le mois commence par une longue dépression jusqu'au 9. Le 10 alors que le baromètre est en hausse, orage avec grêle et vent du nord. Une baisse assez profonde commence rapidement le 12 et dure jusqu'au 16, elle donne de la pluie. La baisse recommence le lendemain et dure jusqu'au 25 ; elle donne du vent du sud fort. Le 23 commence une nouvelle dépression qui se creuse profondément le 25, jusqu'au 30. En résumé ce mois a présenté une extraordinaire agitation barométrique et aucun des jours marqués comme beaux n'a été exempt de nuages. »

En septembre c'est la même chose, le mois est froid surtout la 1ère décade. Pendant la 2e et la 3e la courbe des maximums se tient en-dessous de la courbe décennale.
L'éruption a bouleversé le temps, d'après Guillaume Séchet de Météo-France ; du 8 au 14 mai 1912, les températures atteignent jusqu'à 33°C à Paris, 34° C à Toulouse et 36°C à Clermont-Ferrand.
Et brusquement après l'éruption de juin la vague de chaleur précoce de mai disparaît pour faire place à des températures restant constamment inférieures aux moyennes observées en cette saison. C'est ainsi qu'à Brest la valeur maximum d'août n'est que de 19°, 24° à Paris, etc...
Sans compter les innombrables tempêtes d'automne, alors que nous sommes en août, qui s'abattent un peu partout en Europe. C'est ainsi que dans le journal de Rouen du 16 Août 1912 on relève les tempêtes suivantes : Rennes le 14 août –
Dans la baie de St Brieuc, plusieurs bateaux ont été brisés contre les rochers.
A Saint-Quai-Portrieux le bateau de pêche Gambetta a fait naufrage...
A Saint-Brieuc, Guingamp, Morlaix on signale d'importants dégâts. La récolte du blé, encore non enlevée à cause de la pluie, à été emportée par l'ouragan.
Chalon-sur-Saône le 14 août – Une violente tornade a sévi sur différentes communes. Les eaux de la Saône ont été soulevées et lancées sur la Tuilerie Brusson où toutes les tuiles ont été arrachées..., des champs entiers ont été dévastés et les dégâts sont énormes.
Toulon, le 14 août – La température reste anormale. Dans toute la région, les orages d'hier ont causé des dégâts, le baromètre a faibli jusqu'à sept cent quarante. Nous avons eu comme température minimum 16° et maximum 21°.
L'Espagne n'est pas épargnée ; c'est ainsi qu'à Bilbao 14 barques de pêcheur ont fait naufrage, il y a 19 noyés. À Azzola le nombre de victimes des naufrages occasionnés par la tempête s'élève à 119 (le Petit Niçois du 16 août).

En Octobre de nouvelles tempêtes.
Dans le journal de Rouen du 1er octobre, on apprend qu'à Rouen « cette tempête était dans toute son intensité de minuit à quatre heures du matin, marins et mariniers ont dû veiller et doubler les amarres de leurs navires. Le vent hurlant lugubrement dans les rues, secouant les toitures d'où il arrachait tuiles et ardoises, a tenu les habitants éveillés une partie de la nuit. Sous les coups répétés de la tempête, agissant comme un bélier, une partie de la maçonnerie de la cathédrale s'est abattue vers trois heures du matin place de la Calende ».
En Seine-Maritime à Barentin, Le Havre, Londinières, le Tréport on ne compte plus les dégâts.
Toujours le 1er octobre on enregistre un cyclone à l'embouchure de la Loire qui occasionne bien des soucis. C'est ainsi qu'aux Chantiers de la Loire à Saint-Nazaire le barrage de la cale du cuirassé en construction «France» a été arraché presque entièrement, tandis que dans le bassin une vague dont on évalue la hauteur à plus de dix mètres faisait chavirer les petites embarcations et incliner d'une façon effrayante le paquebot «Versailles». Le cyclone n'a duré que l'espace de quelques minutes. Une pluie torrentielle lui a succédé, accompagnée d'un vent très violent qui souffle encore.

Phénomènes divers :
Toujours à Rouen M.Coulon enregistre les phénomènes suivants :
Coloration anormale des fruits –« le 4 septembre plusieurs personnes me font remarquer la coloration anormale des fruits. Les pommes, les poires sont beaucoup plus colorées que de coutume, malgré l'absence de soleil. Les fleurs des bégonias sont habituellement blanches, en ce moment elles sont roses. A quoi attribuer cette coloration?.... » écrit-il.
- Coloration anormale du ciel – le bleu du ciel, même par une très belle journée, prend quelquefois une teinte pâle, d'un blanc laiteux très caractéristique. En général elle ne persiste pas au-delà de quelques heures dans une journée. Cette année nous l'avons constatée presque journellement pendant toute la vague de froid dont nous avons été victimes tout l'été.
- M. Coulon a relevé la coloration du ciel d'un blanc laiteux la première fois le 28 juin et la dernière fois le 21 septembre 1912.

- Conclusion : Les différentes observations météorologiques, climatiques et optiques, constatées à cette époque, permettent de penser que l'éruption du KATMAI n'a pas été sans conséquence sur la vie quotidienne des français.






L'observation des deux graphiques montre bien que le mois d'août 1912 fut à la fois froid (12,55°) et pluvieux 155 mm.


Michel Lecouteur
Climato-volcanophile
Membre de Terre et Volcans à Rouen.                  " "

 


 

Merci à Michel pour sa coopération.

Par Bernard Duyck - Publié dans : Volcans et climat - Communauté : VOLCANS
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Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 10:21
Par Bernard Duyck - Publié dans : Volcans et climat - Communauté : VOLCANS
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Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 09:23

 L'éruption de 1912 du Novarupta a influencé le climat local et celui de l'hémisphère nord.

 

Localement, l’effet le plus important fut un déluge de cendres, avec durant trois jours, une obscurité totale. Les conditions de vie rendues insupportables forcèrent les populations à migrer. Outre les ignimbrites stérilisant la Vallée des dix mille fumées, on estime les dépôts de retombées à 17 km³, couvrant une zone de 2100km².

 

Volcano-hazard-assessment-for-katmai-volc---2-.jpgIsopaques des retombées de cendres de l'éruption de 1912 (50 cm. - 1 m. - 2 m.) - doc. AVO-USGS

 

A proximité du site de l’éruption, les vents forts, le roussissement de la cime des arbres et les chutes de cendres sont responsables d’inhibition de la photosynthèse pour des mois. Des températures plus basses que la moyenne persistant pendant plus de six mois après l’éruption furent enregistrées.

 

Ces changements brutaux mais non létaux se remarquent sur les cernes de croissance des arbres en Alaska, mais de deux façons .

Immédiatement après l’éruption, et sur des exemplaires prélevés à Katmai, on remarque une baisse de croissance abrupte, mais courte dans le temps, attribuable aux dommages causés par les chutes de cendres et l’activité sismique continue.

Ensuite, une période de moins de dix ans de croissance rapide est notée sur 20 à 80 % des arbres à Katmai et à Kodiak, sous le vent de l’éruption. Cet "effet rebond" indiqué par une augmentation de la croissance est habituellement attribué à un faible niveau de perturbation (par exemple, les dépôts de tephra ou des flux de lahars) qui ouvre la canopée. Ce déclenchement localisé de croissance s’est passé peu après le début d’un dérangement attribué au  dendroctone à échelle régionale.

Ce phénomène transitoire de croissance est attribué à un apport de nutriments, une modification consécutive de l’activité microbienne des sols, une augmentation de matières organiques due aux arbres morts et /ou une moindre compétition pour les nutriments. Des chutes moindres de cendres peuvent également avoir eu un effet de mulch, augmentant l’humidité des sols.

 

 

The relative size of the 1912 Novarupta eruption compared to several ancient and recent volcanic events.

Taille relative de l'éruption de 1912 du Novarupta par rapport à d'autres éruptions anciennes, dont celles du Yellowstone, et plus récentes, comme celles du St Helens et du Pinatubo. - doc. Alaska Park Science n°11. / NPS.

 

Novarupta se trouve près du cercle arctique, et son éventuel impact sur le climat mondial semble assez différent de celui d’un volcan tropical " ordinaire ", du moins si l’on en croit les récents travaux de climatologues utilisant un modèle informatique développé par la Nasa.

D'après Robock, le circulation stratosphérique se ferait généralement depuis l'équateur en direction des pôles. Ainsi les aérosols en provenance des volcans tropicaux en éruption ont tendance à se répartir aussi bien sur des latitudes au nord qu'au sud de l'équateur; ils peuvent circuler dans toutes les parties du globe.

 

Le modèle climatique de la Nasa a montré que les aérosols libérés par un volcan arctique tel que Novarupta auraient tendance à rester au dessus du 30eme parallèle nord, soit pas plus au sud que les Etats-Unis ou l’Europe.

Et naturellement, ils ne se mélangeraient que très lentement avec le reste de l’atmosphère.

 

Bizarrement, ce goulot d’étranglement boréal pour les aérosols de Novarupta ferait sentir ses effets en Inde. Toujours selon le modèle, l’éruption du Novarupta affaiblirait la mousson d’été, entraînant un été "anormalement chaud et sec" dans le nord de l’Inde . Le refroidissement de l’hémisphère nord engendré par les aérosols de Novarupta déclencherait une réaction en chaîne sur les températures de surface des continents et des océans, qui à leur tour influeraient sur les flux d’air au-dessus de l’Himalaya, pour finir par affecter les nuages (abaissement de 10% de la couverture nuageuse) et donc les précipitations au-dessus de l’Inde. En réalité, le processus est d’une complexité diabolique, et c’est pourquoi seuls des superordinateurs peuvent faire tourner ce modèle.

 

Les simulations de la Nasa pour une éruption en juin révèlent un refroidissement au cours de l'été suivant l'éruption des masses continentales de l'hémisphère nord, sans action au niveau mondial comme le laissait entendre d'autres simulations ( Role of the time of the year - Climate effects of high-latitude voilanic eruptions - by Ben Kravitz , Alan Robock)

 

(Selon une étude dans le Journal of Geophysical Research de 2005 (Climatic response to high-latitude volcanic eruptions by Luke Oman - Department of Environmental Sciences, Rutgers–State University of New Jersey, New Brunswick, New Jersey, USA  - Alan Robock & al.)

   

Ces aérosols stratosphériques ont un effet climatique généralisé et reparti sur un long terme (1 à plusieurs années) selon un schéma bien admis maintenant.

 

volcanicwinter.jpgSchéma de dispersion des aérosols volcaniques dans la troposphère et la stratosphère - mécanismes d'établissement d'un "hiver volcanique" - doc. Nasa. / from Robock, Alan, 2000: Volcanic eruptions and climate. Rev. Geophys., 38, 191-219. Copyright 2000 AGU

 

Pour évaluer l’impact climatique mondial ou hémisphérique d’une éruption volcanique, Robock et Free ont décrits cinq indices en 1995-96, insistant sur le fait qu’aucun d’entre eux n’est parfait.


1. Le DVI – Dust Veil index

Lamb (1970) et Kelly et Sear (1982) ont créé un index de voile de poussière volcanique conçu pour analyser les effets des volcans sur les conditions météo de surface, sur les températures des basse et haute atmosphères, sur la circulation des vents. La méthode utilisée pour établir cet index inclus les rapports historiques sur les éruptions, les phénomènes optiques, les mesures radiatives, la température relevée et le volume estimé des ejectats.

 

2. L’index de Mitchell similaire au DVI, mais plus détaillé concernant l’hémisphère nord.

 

3. Le VEI – Volcanic Explosivity Index – donne un ordre de grandeur géologique de la puissance d’une explosion volcanique.

vol_vei.gif Il doit se combiner à un facteur mesurant les aérosols sulfatés pour pouvoir être employé au niveau climatique.

Diagramme du refroidissement en °C (log.) versus valeurs d'émissions de soufre- l'éruption du novarupta 1912 est signalée "Katmai".

 

A prendre avec relativité donc, comme le montre l’exemple de l’éruption du st Helens en 1980 : l’index d’explosivité est de 5, ce qui est défini comme accompagné d’une injection stratosphérique significative … alors que l’éruption n’a eu qu’un impact stratosphérique négligeable (Robock 1981)

 

4. L’index Sato se base sur une information volcanologique de volume d’éjectat des années 1850 à 1882, des données d’extinction optique d’après 1882, et des données satellitaires d’après 1979. Les données les plus récentes incluent des observations sur l’extension latitudinale et temporelle des nuages d’aérosols.

 

5. L’IVI – Ice Core Volcanic Index

Il est basé  sur des données d’acidité ou de sulfates pour le période entre 1850 et aujourd’hui ;  mais il inclus d’autres sources de sulfates, le volcanisme local, des variables atmosphériques et des problèmes liés à la conductivité électrique de la glace, qui le rende difficilement interprétable en tant qu’indice volcanique climatique .

Robock et Free ont comparé les carottes de glace entre 453 et aujourd’hui avec le VEI et le DVI, pour arriver à la conclusion que ces données disponibles pour l’instant ne sont pas suffisantes pour délimiter un forçage climatique par explosion volcanique avant 1200 pour l’hémisphère nord et 1850 pour l’hémisphère sud.

 

Volcanic-eruption-and-climate---A.jpgTableau des différents indices volcaniques en fonction du temps, pour l'hémisphère nord - les pics IVI et VEI les plus grands concernent l'éruption de 1912 / Novarupta. - doc. Volcanic eruptions and climate.

 

Les récentes simulations montrent qu'il faut en plus tenir compte, en plus de ces facteurs, de la date de l'éruption dans l'année et de la position géographique du volcan.

 

Demain, "Parole aux lecteurs" avec un article de Michel Lecouteur, sur les effets climatiques de cette éruption sur le climat en France.

 

Sources :

- Climatic response to high-latitude volcanic eruptions - by Luke Oman, alan Robock and G. Stenchikov -Department of Environmental Sciences, Rutgers–State University of New Jersey, New Brunswick, New Jersey, USA

Gavin A. Schmidt and Reto Ruedy - NASA Goddard Institute for Space Studies, New York, New York, USA / In Journal of Geophysical research 2005 - link

- The climate effects of high-latitude volcanic eruptions - the role of the time of year - by Kravitz and Robock - link

- Nasa science news - Novarupta - link

Par Bernard Duyck - Publié dans : Excursions et voyages - Communauté : VOLCANS
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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 11:00

image-353252-galleryV9-cxic.jpg

               Importants dégâts en Emilie-Romagne - photo gallerie d'images Der Spiegel.


Un fort séisme de Magnitude 6 (selon l’USGS - 5,9 selon l'INGV) et à faible profondeur, seulement à 5 km. (USGS) - 6,3 km. (INGV), a secoué la région d’Emilie-Romagne dans le nord de l’Italie ce dimanche 20 mai vers 2 heures;  il a été suivi dans la journée d’environ 80 répliques, dont certaines de magnitude allant jusqu’à 5,1, qui ont choqué la population déjà traumatisée par le première secousse.

 

20.05.12-2h03-M5-9---INGV.jpgCarte de situation du séisme du 20.05.12 - position de l'épicentre et de ceux de précédents séismes régionaux - carte INGV.

 

20.05.12---carte-ssmique-INGV.jpg Séisme principal et quelques répliques - 20.05.12 - doc. INGV Italia

Epicentre de la secousee principale : étoile jaune - première secousse de M 4,1 : cercle jaune - répliques de M 4-5 : grands cercles rouges.

 

Le tremblement, qui a duré une vingtaine de secondes a fait sortir de chez eux les habitants, ce qui explique le faible nombre de victimes directes, 7 morts et une cinquantaine de blessés, mais il a provoqué de considérables dégâts dans une région riche en monuments historiques et industries. A Ferrara, la tour de l’horloge s’est effondrée ; à San Felice Parano, c’est un pan du château récemment restauré qui a subi le même sort. A Emilia Finale, de nombreux bâtiments anciens ont souffert.

L’industrie fromagère – nous sommes dans la region du Parmesan et du Grana Padano – a également été touchée : 300.000 fromages, chaque roue pesant plus de 30 kg., se retrouvent couverts de débris, et de nombreuses fermes ont vu leurs étables s’effondrer sur le bétail. Les dommages se monterainet à 250 millions d’euros.

 

Ce matin, 21.05,vers 7 heures, on dénombrait déjà 18 répliques dont une de M 3,5. Le total des répliques se monte à 150, dont 90% uniquement perceptibles par les sismographes.

Il faut remarquer que la secousse la plus forte en suit une autre de magnitude 4,1 et que leurs épicentres sont proches l'un de l'autre.

 

 

Ces dégâts sérieux sont liés à la faible profondeur de l’épicentre  et à la nature molle du sol régional.

 

L’épicentre du séisme est situé dans une région où ne s’est produit aucun tremblement de terre ravageur depuis longtemps. Il faut remonter à 1570 pour se remémorer un épisode important près de Ferrara, et 1346 pour un autre de magnitude 6-7 localisé à 20 km. de l’actuel épicentre.

Cependant, on relève 6 petits tremblements de terre, de magnitude inférieure à 4, entre 2002 et 2008 dans un rayon de 20 km.

 

20.05.12-M5-2-Bologne-.regional.seismicity-EMSC.jpg         Localisation et magnitude des séismes historiques régionaux -  carte EMSC.

 

 

 

 

20.05.12-M6---USGS.jpg

           Carte de perception du séisme principal - 20.05.12 - USGS earthquake hazards program


La tectonique de cette région est assez compliquée et en relation avec la géodynamique de la Méditerranée centrale et la mise en place de la botte Italienne et des Apennins.

 

Appennino-tectonique.jpgTectonique de la région Apennins-plaine du Pô, et position des nombreuses failles - doc. Appennino tectonique.


L’Émilie-Romagne est une région administrative qui compte deux régions historiques : l'Émilie et la Romagne. Elle s'étend de la plaine du Pô, fleuve qui borde le nord de la région, jusqu'aux monts des Apennins au sud.
C'est une des régions les plus riches d'Europe, disposant d'importantes industries agro-alimentaires et automobiles (Ferrari).

Elle est également un important centre culturel et touristique. Bologne, sa capitale, dispose de la plus ancienne université d'occident, et de nos jours, elle reste une importante ville étudiante.
Beaucoup de villes ont gardé un important patrimoine issue de la Renaissance : comme Modène, Parme et Ferrare.

 

emilie-romagne.gif                           Carte de la région d'Emilie-Romagne - doc. belleitalie.org

 

Sources :

- USGS earthquake hazards program - INGV - EMSC

- médias : agences de presse, Der Spiegel on line

 

Par Bernard Duyck - Publié dans : Sismologie - Communauté : VOLCANS
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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 00:00

L’éruption du Novarupta en 1912 a eu des effets collatéraux majeurs.

 

Outre la naissance de la Vallée des dix mille fumées, elle est indirectement responsable de la vidange de la chambre magmatique du volcan voisin Katmai, de l’effondrement consécutif du sommet de ce volcan, qui n’était plus supporté, et la formation de la caldeira.

 

caldeira-Katmai-et-Mt-griggs---NPS-Roy-Wood.jpg La caldeira et le lac de cratère du Katmai - à l'arrière-plan, le mont Griggs  - photo Roy Wood / National Park service

 

Avant l’éruption de 1912, le Katmai était un stratovolcan coiffé de quatre sommets orientés NE-SO.

L’activité passée du Katmai se décline en deux ou plusieurs éruptions explosives au Pléistocène, tandis qu’à l’holocène, elle est caractérisée par des coulées de lave descendant le flanc SE du volcan situé le plus au sud-ouest du complexe dans la Katmai river.

 

Après 1912, la caldeira de 3 km. sur 4 qui s’était formée a été remplie  par un lac de cratère profond de 250 mètres,bordé de parois le surmontant de 500 à 1.000 mètres. Ses eaux recouvrent un anneau de tuff et un petit dôme de dacite post-caldeira, Horseshoe island, aperçu en 1916. Des glaciers se sont formés sur une banquette intra-caldeira.

 

Katmai-glacier---NPS-Roy-Wood-copie.jpg                     Glaciers sommitaux du Katmai - photo Roy Wood / National Park Service

 

Plusieurs données du Service national de météorologie, en 2003, 2005,2010 et 2011, font état de mobilisation de cendres par de forts vents et retombées de celles-ci sur l’île de Kodiak ; ces cendres ne proviennent pas d’une activité volcanique récente, mais elles restent cependant gênantes et dangereuses pour le trafic aérien.

 

Katmai---NPS.jpg                             Le volcan Katmai / Alaska - photo National Park Service

 

Les populations locales furent aussi affectées par l'éruption du Novarupta.

 

"  Durant les 3 jours de l'éruption, l'obscurité et les conditions étouffantes causée par les retombées de cendres et de dioxyde de soufre ont immobilisé la population de Kodiak. L'irritation des yeux et une détresse respiratoire étaient généralisées, et l'eau devenue impropre à la consommation. Les communications radio ont été totalement perturbées, et avec une visibilité proche de zéro, les navires ne pouvaient pas accoster. Les toits des maisons de Kodiak se sont effondrés sous le poids de plus d'un pied de cendres, les bâtiments ont été détruits par les avalanches de cendres qui se sont ruer à partir des versants proches, et d'autres structures ont brûlé après avoir été frappé par la foudre  générée par les phénomènes électriques au sein du nuage de cendres. "

 

1912-Kodiak-2----Amelia-Elkington-collection-AVO.jpgMaison à demi enterrée sous les cendres, à Kodiak - Amelia Ellkington collection / Archives univ. Alaska Fairbanks  / AVO-USGS.

 

13.08.1912---Katmai-village--2---G.C.Martin-AVO.jpg          Le village de Katmai, sous la cendre, le 18.08.1912 - photo G.C. Martin / AVO - USGS

 

" Des conditions similaires ont prévalues ailleurs dans le sud de l'Alaska, et plusieurs villages ont été abandonnés pour toujours, dont Savonovski et Katmai. La vie animale et végétale a été décimée par la pluie de cendres et de l'acide provenant de l'éruption. Les ours et les autres animaux de grande taille ont été aveuglés par les cendres et affamés suite à la disparition des plantes et des petites proies.  Des millions d'oiseaux morts,  aveuglés,   jonchent le sol, recouverts par la cendre. Les organismes aquatiques, comme les moules, les larves d'insectes et le varech, ainsi que les poissons qui s'en nourrissent , ont péri en eau peu profonde. L' industrie de la pêche au saumon a été dévastée, en particulier de 1915 à 1919, en raison de la famine et de l'échec de la reproduction des adultes, incapables de frayer dans ces eaux polluées ".  ( d'après Fierstein and others - 1998)

 

Les données les plus fiables ont été les observations faites à bord du vapeur "Dora", par Martin qui s'est rendu dans les villages de Kodiak, Katmai, Uyak et à Cold Bay, en août 1912 sans toutefois oser s'aventurer dans les terres. Il a recueilli les témoignages des habitants pour les relater en 1913.

 

Savonovski-1917-19.jpg

Savonovski - photo réalisée par le botaniste de l'expédition du National Geographic en 1917-19, Jasper Sayre - doc. archives Université alaska Anchorage.

 

L'abandon des villages permanents fut doublé par la perte des masques cérémoniels en bois sculpté de Savonovski.

Un trappeur qui avait établi sa cabane près du Naknek lake a retrouvé 35 masques avec lesquels il a décoré son intérieur. Il en a légué heureusement sept à un instituteur de New Savonovski, qui en a fait don à l'Alaska State Museum de Juneau.

 

Sources :

- Global volcanism program - Katmai

- Alaska Park science n°11 - Volcanoes of Katmai and the Alaska peninsula, N.P.S. -  link

 

  

Par Bernard Duyck - Publié dans : Excursions et voyages - Communauté : VOLCANS
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Dimanche 20 mai 2012 7 20 /05 /Mai /2012 09:48

D'après les rapports spéciaux de l'INSIVUMEH et de la CONRED de ces deux derniers jours :

 

17.05.12 21h fuego           Fuego - l'activité strombolienne et les coulées du 17.05.2012 - photos Insivumeh


- Le 19.05, deux coulées de lave sont actives sur le flanc sud du volcan Fuego; la première, longue de 200 mètres, s'épanche en direction de la Barranca Taniluya (SO), la seconde s'écoule dans la ravine Las Lajas sur plus de 250 m.

Des explosions stromboliennes animent le cratère sommital à un rythme faible d'une dizaine par jour.

 

19.05.12-Fuego---Conred.jpg

 

19.05.12-Fuego---L.A.Perez-Ortiz-Conred.jpg

                            Activité du fuego, le 19.05.2012 - photos L.A. Perez Ortiz / Conred

 

- Le 20.05 : Le Fuego a présenté une petite phase paroxysmale, justifiant le relèvement du niveau d'alerte à orange. Un panache de cendres s'est élevé jusqu'à 5000 mètres, accompagnant une hausse de l'intensité et de la fréquence des explosions. Les coulées de lave bien alimentées s'étendent sur une longueur de 500 m.

 

19.05.2012-Fuego---Conred.jpg                                              Fuego - 19.05.2012 - photo Conred


L'apparition de coulées pyroclastiques dans la ravine Las Lajas est plus préoccupante, en raison du risque potentiel pour des zones habitées.

Un risque de coulées de boue est aussi présent, si la pluie remobilise les débris accumulés sur les pentes.

 

Jusqu'à présent, seuls 13 personnes ont évacué le village d'El Porvenir et ont été transférées dans les locaux de l'école officielle rurale Santa Isabel où l'assistance humanitaire a été mobilisée. La surveillance se maintient dans les autres villages aux alentours.

La direction de l'Aviation civile conseille de se maintenir à 25 km. de distance des colonnes de cendres, surtout côté SO du volcan Fuego.

 

19.05.12-8h13-Fuego.jpg                   L'activité du Fuego obscurcit le ciel - photo Insivumeh 19.05.2012 / 08h13


 

Par Bernard Duyck - Publié dans : Actualités volcaniques - Communauté : VOLCANS
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Dimanche 20 mai 2012 7 20 /05 /Mai /2012 00:00

L'énorme éruption explosive du Novarupta, de VEI 6, a produit une masse considérable d'ignimbrites (28.000 millions de m³ selon le GVP en seulement une soixantaine d’heures) et la coulée de la " Vallée des dix mille fumées " - VTTS ou Valley of Ten Thousand Smokes.

 

 

800px-Valley_of_Ten_Thousand_Smokes_from_Overlook_Cabin---R.jpg        La Vallée des dix mille fumées, vue d'Overlook cabin - photo G. Mc Gimsey - AVO/USGS.

 

 Au départ, le Novarupta expulsa du magma rhyolitique à partir de sa propre chambre magmatique, puis du magma andésitique et dacitique prélevé dans la chambre magmatique du Katmai, le transfert entre les deux se faisant par une gigantesque faille reliant les deux édifices.

 

L’éruption marqua toutes les structures volcaniques aux alentours : le côté NE du dôme de lave "Falling mountain" du groupe volcanique Trident, ainsi que Broken mountain et Baked mountain furent déplacés par l’effondrement ; le drainage du réservoir magmatique du Katmai en direction du Novarupta, fut la cause de l’effondrement et de la formation de la caldeira du Katmai. 

Une vallée entière fut emplie par les téphra du Novarupta : une couche de plus de 210 mètres de hauteur sur environ 100 kilomètres carrés.

 

VTTS-depuis-Balek--mount.--GM-Mariah-Tilman-AVO2007.jpg              La VTTS depuis Baked Mountain - photo Mariah Tilman 2007 - AVO/USGS

 

Katmai-archives-CWru.-edu.jpgLa vallée fut nommée par Robert F.Griggs, qui explora le volcan en 1916 pour le compte de la National Geographic Society ; il déclara : " la vallée entière était remplie, aussi loin que pouvait porter le regard, de centaines, non de dizaines de milliers de fumées s’échappant de fissures du sol "… La Vallée des dix mille fumées était baptisée.

 

" Examen de la vallée fumante" , sur cette photo d'archives du Katmai / Cwru.edu


Avec le refroidissement des masses de tephra, ces innombrables fumerolles se sont éteintes et ont aujourd’hui disparues.


VTTS---1917.jpg       La branche NO de la Vallée des dix mille fumées en 1917 - Doc. National Park Service

 

800px-Colorful_ash_Valley_of_Ten_Thousand_Smokes---Peter-Ha.jpg                       Les couleurs de la Vallée des dix mille fumées - photo P.Hamel / NPS

 

En 1953, H.Williams et G.Curtis concluèrent de leurs études que l'abondante couche de ponces a été produite par un mélange synéruptif de magma et que les fumerolles n'avaient pas de racines dans l'ignimbrite elle-même, ni ne dégazaient depuis un sill sous-jacent ou la chambre magmatique.

La reconnaissance de l'origine des retombées de cendres et des ignimbrites au dépend d'un évent commun et de l'effondrement de la colonne plinienne fut avancée par Kozu dès 1934, mais seulement reconnu après plusieurs dizaines d'années.   

 

Les signes de cette activité sont encore visibles sur les collines environnantes ; la couche de dépôts a largement été entamée par la rivière Lethe, qui y a creusé de véritables canyons découvrant les strates des différentes coulées.

  VTTS---NPSS-Roy-Wood.jpg

         Vallée des dix mille fumées - érosion des ignimbrites par les eaux  - photo Roy Wood - NPS

 

VTTS---Neurodoc1---Phenomenica.jpg                       Vallée des dix mille fumées - photo Neurodoc / Phenomenica

 

VTTS---Knife-creek-gorge--wiki.jpg             Valley of Ten thousand Smokes - Knife Creek gorge, sous le Mt Griggs- doc. wikipedia

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Katmai

- Global Volcanism Program - Novarupta

- AVO - The great Katmai eruption of 1912 : a century of research tracks progress in volcano science - link

- NPS - Alaska Park Science - Volcanoes of Katmai and the Alaska peninsula - link

- Phenomenica - The Valley of ten Thousands Smokes - link

- Guide des volcans - M.Rosi & al. - éd. Delachaux & Niestlé.

Par Bernard Duyck - Publié dans : Excursions et voyages - Communauté : VOLCANS
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Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 00:00

En juin, l’AVO – Alaska volcano observatory – commémore le centenaire de la plus grande éruption du 20° siècle : celle du Novarupta.


C’est aussi l’occasion de se pencher sur un siècle de recherches et de progrès en volcanologie ; cette éruption fit longuement attribuée à tord à son voisin, le Katmai.

 

Novarupta-dome-MC-Pherson-juil.2011-AVO.jpg Le dôme rhyolitique du Novarupta, entouré de failles concentriques, en juillet 2011 - photo Mc Pherson - AVO/USGS

 

Novarupta-1912-ashfall--copie--AVO-USGS.jpg Position du Novarupta (triangle rouge) - contexte tectonique de volcanisme d'arc volcanique - zone affectée par les retombées de cendres de l'éruption de 1912 - carte USGS.

 

Un "survol" de l'éruption :

Suite à de nombreux et importants séismes avant-coureurs : quatorze séismes de magnitude comprise entre 6 et 7, et plus de cent de magnitude supérieure à 5, un énorme blast inaugure l'éruption du siècle en Alaska.

Nous sommes le 6 juin 1912 et durant soixante heures, et en trois phases pliniennes successives, tephra et gaz vont être émis en quantité phénoménales.

Un dôme de blocs rhyolitiques va venir bloquer l'évent après la fin de l'éruption.

 

usgsfs075-98-3.jpg                  Situation des volcans, de la VTTS, des villages abandonnés - carte USGS

 

Steve-J.jpg                       Image Landsat 7 - 08.2000 légendée par Steve J. Smith / AVO / USGS


 Les habitants de l'île de Kodiak, à 160 km., furent les seuls à réaliser l'ampleur de l'éruption. Leur attention fut attirée par le bruit du blast, et c'est avec frayeur qu'il virent se développer un panache montant à environ 30.000 mètres.

 

1912-Kodiak---Amelia-Elkington-collection-AVO.jpg

Kodiak / Alaska en 1912- le village est recouvert par les cendres de l'éruption - photo Amelia Elkington collection - archives de l'Université d'Alaska à Fairbanks - in AVO / USGS.

 

13.08.1912---Katmai-village---G.C.Martin-AVO.jpg           Le village de Katmai, le 13.08.1912, sous les cendres - photo C.G. Martin - AVO / USGS


Peu d'autres informations concernant les effets spectaculaires de cette éruption furent connues ... jusqu'à la visite en 1916 d'une expédition scientifique, sponsorisée par la National Geographic Society.

A leur grand étonnement, les scientifiques découvrent une étendue plate de matériaux cendreux, sans consistance d'où sortent des jets de vapeur ... au nord de celui qu'on appellera Novarupta - "Nouvelle éruption" -  une vallée sans nom au préalable, que l'expédition va baptiser la "Vallée des dix mille fumées" ( Valley of Ten Thousand Smokes, ou VTTS pour la facilité) a été remplie par des ignimbrites.


Après analyses ...

Environ 30 – 35 km³ d'éjectats vont tapisser la région, ce qui équivaut à plus de 30 fois le volume émis par l'éruption du St Helens en 1980.

 

usgsfs075-98-2Comparaison entre les volumes de l'éruption du Novarupta 1912 et d'autres éruptions en Alaska, à gauche, et à droite, avec les éruptions bien connues du St Helens et du Pinatubo - doc. USGS


La séquence éruptive du 6 au 8 juin comprend :

- au cours de la première séquence, 70% du volume total est émis, incluant les blasts dans une région proche de l'évent, les retombées de cendres de  l'éruption plinienne et les ignimbrites de la VTTS ; la composition se détaille entre 100% de rhyolite pauvre en cristaux (77% SiO2) émise initialement à un mélange avec de la dacite riche en cristaux, et des fractions de scories d'andésite

- une deuxième séquence, après une pause de quelques heures, composée de retombées pliniennes à dominante dacitique.

- après une nouvelle interruption, un troisième épisode plinien avec retombées dacitiques.

 

 

Volcano-hazard-assessment-for-katmai-volc-2-.jpg       Chronologie et détail du déroulement de l'éruption de 1912 du Novarupta - doc. AVO / USGS.

 

 

Les premières investigations attribuèrent l'éruption au Katmai, éloigné de 16 km. du Novarupta ; l'éloignement de la zone d'impact rendant impossible toute observation directe, la proximité  du Katmai, son effondrement qui a formé une caldeira de 3 km. sur 4, profonde de 500 à 1.000 m., et la présence d'un dôme, tous ces facteurs ont favorisé l'attribution, par Griggs, de l'éruption au volcan Katmai.

 

1334168948_ak147.jpg Vue aérienne du NO, montrant la caldeira du Katmai occupée par un lac, la position du Novarupta (flèche à gauche) - les vignettes du dessus montrent le dôme du Novarupta (380 m. de large et 65 m de haut) dans son évent déprimé de 2 km. de large remblayé par un anneau asymétrique d'éjectats et marqué de failles. - photo AVO/USGS.


Ce n'est qu'à la fin des années 50, que des recherches ont permis de constater une épaisseur de cendres et matériaux pyroclastiques plus grande dans l'aire du Novarupta : une énorme quantité de magma fut drainée de la chambre magmatique, des magmas de différentes composition ( rhyolite à quartz-hypersthène / dacite à pyroxène / andésite à pyroxène) ont produit d'abondantes strates de ponces ... ces éléments ont permis de conclure à un transfert magmatique au travers de fractures au départ des réservoirs du volcan Trident, puis du volcan Katmai, causant son effondrement et la formation de sa caldeira.

 

relation-Katmai-novarupta.jpgSchéma éruptif simplifié du transfert magmatique aux dépens de la chambre magmatique du Katmai - R = rhyolite - A = andésite - doc. AVO / USGS

 

2-Fierstein-APS-V11-I14 

Les différents type de ponces émises par l'éruption du Novarupta en 1912 : de gauche à droite, de la rhyolite pauvre en cristaux, de la dacite gris pâle riche en cristaux, de l'andésite noire riche en cristaux et de la ponce mixte rhyolite-andésite en bandes. - doc. National Park Service / Fierstein.

 

 

Nous examinerons ensuite la Vallée des dix mille fumées et l'impact de cette éruption sur le climat.


Sources :

- Global Volcanism Program - Novarupta - Katmai

- Volcanoes of North America, United States and Canada - Wood and Kienle, 1990, Cambridge UniversityPress

- USGS - Preliminary Volcano-Hazard Assessment for the Katmai Volcanic Cluster, Alaska. 

- U.S.National Park Service Website, Geology Fieldnotes - Katmai National Parkand Preserve, Alaska.

Par Bernard Duyck - Publié dans : Excursions et voyages - Communauté : VOLCANS
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- Les feux de la terre, histoires de volcans - M. Krafft - Gallimard
- Au coeur de la Fournaise - M. Krafft & R. Benard - Ed. Nourault
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