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Excursions et voyages

Vendredi 24 mai 2013 5 24 /05 /Mai /2013 00:00

edgecombe---Nerkasalmon-wordpress.jpg

                    Alaska SE - le stratovolcan Edgecumbe - photo Nerkasalmon / Wordpress


Le sud-est de l’Alaska forme une bande côtière étroite qui s’avance en territoire Canadien ; elle contient quelques volcans, dont un édifice sous-marin récemment découvert.

 

Southeast-Alaska---AVO-map.gifSud-est Alaska - Les triangles noirs indiquent les volcans actifs à l'Holocène - carte AVO-USGS

 

La région possède une tectonique particulière :
Le long de la côte ouest, la plaque océanique du Pacifique glisse vers le nord, séparée de l’Amérique du Nord par une faille coulissante, ou faille de décrochement, connue sous le nom de " marge continentale transformante des îles de la Reine-Charlotte ".

La plupart des failles sont au large des côtes, mais certaines, comme la faille Fairweather (FF - qui passe près du mont Fairweather, à la pointe sud-ouest du nord-ouest de la Colombie-Britannique) poursuit sa trajectoire à l’intérieur des terres dans le sud-est de l’Alaska.

D’autres failles qui suivent un plan de fracture nord-ouest vers l’intérieur du Yukon et le nord de la Colombie-Britannique sont le reflet de temps révolus lorsque les continents, les îles et le fond des océans subissaient le brassage de la tectonique des plaques, résultant en la formation de terranes distincts.

 

Queen-carlotte---Fairweather--fault-system.jpgLe système de failles Queen Charlotte-Fairweather (et autres failles régionales) et le terrane Yakutat - les centres volcaniques sont signalés par une pointe orange.

A=Admiralty Island, AV=Alsek Valley, B=Baranof Island, C=Chichagof Island, CA=Cape Addington, CF=Cape Fairweather, CO=Cape Ommaney, CS=Cross Sound, CSF=Chatham Strait Fault, DE=Dixon Entrance, FF=Fairweather Fault, FG-eb=Fairweather Ground—eastern bank, FG-wb=Fairweather Ground—western bank, K=Kruzof Island, MEV=Mount Edgecumbe volcano, OEVF=Offshore Edgecumbe Volcanic Field, OCA=Offshore Cape Addington Volcanic Field, OCO=Offshore Cape Ommaney area, PSF=Peril Strait Fault, QC–FW=Queen Charlotte–Fairweather fault system, YB=Yakutat Bay.

 

Edgecumbe-gm.jpg Alaska SE - le champ volcanique Edgecumbe et ses principaux volcans alignés SO-NE - d'après une carte topographique en relief de l'AVO-USGS

 

Mt-Edgecumbe---Crater-ridge---Walteransdsara.pngAlaska SE - à gauche, le stratovolcan Edgecumbe - à droite, Crater Ridge - photo Walterandsara blog.


Le champ volcanique Edgecumbe se situe sur l’île Kruzof, et sur la plaque tectonique nord-américaine à 10-15 km à l’intérieur de la faille transformante Reine Charlotte – Fairweather, séparant les plaques nord-américaine et Pacifique. Il est daté du Pléistocène - Holocène.

Ce champ volcanique, basaltique à dacitique, couvre 260 km² ; il comprend le stratovolcan symétrique Edgecumbe, les dômes et cratère de Crater Ridge et Shell mountain.

 

Le Mt. Edgecumbe est un stratovolcan à dominante andésitique, d’un volume de 3,5 km³, qui culmine à 970 mètres, et possède un cratère bien défini.

Il a été nommé en 1778 par le capitaine James Cook. Bien que sa morphologie reflète une construction récente, aucune éruption historique n’est rapportée dans les traditions orales, ni dans les documents Russes.

 

Mt_Edgecumbe_in_Sitka---Medicaster.JPG                            Alaska SE - le Mt. Edgecumbe, vu de Sitka (au SE)  - photo Medicaster

 

Les autres structures sont alignées sur une ligne SO-NE, marquant une fissure régionale, qui a abrité une activité volcanique depuis 600.000 ans.

Les dômes de Crater ridge sont de nature rhyolitique et concernent un volume de 3,5 km³ de magma.

Crater Ridge est tronqué par une caldeira de 1600 mètres de large, profonde de 240 mètres.

 

Crater-Ridge-et-unnamed-volc.---Jim-Riehle-USGS.jpg Alaska SE -  à l'avant-plan, le sommet de l'Edgecumbe et les pentes colorées de ponces dacitiques de l'épisode pyroclastique post-glaciaire - en arrière-plan, les dômes de Crater ridge, arborés - photo Jim Riehle - 05.2002  (U.S. Geological Survey, Alaska Volcano Observatory).

 

Les dernières éruptions en date sont des explosions phréatomagmatiques qui ont eu lieu au milieu de l’holocène, la dernière activité étant datée par le GVP de 2.220 avant JC (datation radiocarbone non revue).

L’activité post-glaciaire a produit des dépôts pyroclastiques volumineux, équivalents à 7,6 km³ de roches denses, et retrouvés jusqu’à Juneau et Lituya Bay, 200 km. plus au nord. Une collecte de sédiments marins du bassin adjacent, e.a. dans le Sitka Sound, contient des dépôts de tephra et de coulées pyroclastiques, de composition principalement rhyolitique, et pour une moindre portion dacitique. On y a trouvé aussi des cryptotephra correspondant à la White river Ash (éruption datée des environs de l'an 800).

 

Sitka-sound-subaerial-pyroc.-flows-MEVF---Rhiele---al-1989.jpgAlaska SE - bathymétrie du Sitka Sound en relation avec les coulées pyroclastiques subaérienne du champ volcanique edgecumbe ( Riehle & al. 1989)

La ligne blanche, à 70 mètres de profondeur, indique le niveau marin eustatique au temps de la déposition des téphra du Mt. Edgecumbe (Fairbanks 1989) - doc. du "Marine tephrochronology of the Mt. Edgecumbe Volcanic Field" , réf. en sources.

 

Edgecumbe-2004---Duncan-Marriott.JPG                      Alaska SE - Mt. Edgecumbe 12.2004 - photo Marriott Duncan


  

 Sources :

- Global Volcanism Program - Edgecumbe

- AVO - USGS - Mt. Edgecumbe

- Marine tephrochronology of the Mt. Edgecumbe Volcanic Field, Southeast Alaska, USA - By Jason A. Addison, James E. Beget, Thomas A. Ager, Bruce P. Finney

 - Tectonic and glacial related seafloor geomorphology as possible demersal shelf rockfish habitat surrogates—Examples along the Alaskan convergent transform plate boundary – by H. Gary Greene, Victoria M. O’Connell, Cleo K. Brylinsky

Par Bernard Duyck - Publié dans : Excursions et voyages - Communauté : VOLCANS
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Lundi 20 mai 2013 1 20 /05 /Mai /2013 00:00

A l’extrême est du champ volcanique Wrangell-St. Elias, près de la frontière entre les territoires de l’Alaska (U.S.A.) et du Yukon (Canada), deux grands volcans du Quaternaire forment le massif Bona- Churchill.

 

Mt._Bona-_Alaska--2013--Nwchica85.jpg                                              Alaska - le Mt Bona - photo Nwchica85


Le Mt. Churchill, haut de 4.766 mètres, est coiffé d’une caldeira de 2,7 sur 4,2 km. Un ensellement élevé le sépare du Mt. Bona, haut de 5.005 mètres. Ils sont tous deux couverts de champs de glaces et de glaciers ; le massif est la principale source de glace du glacier Klutlan, qui coule vers l’Est sur 64 km. et pénètre en territoire Canadien, et contribue aussi largement au système glaciaire Russell, qui s’écoule vers le nord.

 

BonaChurchill---skimountaineer.jpg Le Mt. Churchill à gauche et le Mt. Bona à droite, vu du glacier Russell au nord-ouest du massif - photo George Heben / Skimountaineer


Toponymie :

- Le Mt.Bona doit son nom au Prince Luigi Amedeo, duc des Abruzzes qui fit, en 1897, la première ascension du Mt St. Elias à 130 km vers le sud-est. Quand il le vit, il lui donna le nom de son yacht de course, le "Bona" . Le sommet du Bona ne fut vaincu qu’en 1930.

- Le Mt. Churchill fut escaladé pour la première fois en 1951 par Gates & Limberg. Considéré comme un satellite du Mt. Bona en ce temps, il ne portait pas de nom particulier. Il ne fut nommé qu’en 1965, en l’honneur du premier ministre Anglais Winston Churchill.


Les dépôts de cendres bilobés de la White river (White river ash) :

les tephra rhyodacitiques couvrent plus de 340.000 km² situés en Alaska, et surtout au Canada, sur les territoires du Yukon et du nord-ouest. Ces dépôts correspondent à deux éruptions pliniennes séparées, sous l’influence de vents forts unidirectionnels, et  identifiées comme étant produites par le Mt.Churchill dans les Wrangell-St. Elias Mountains (McGimsey & al. 1990).

 

Churchill-et-White-river-ash---nrcan.gc.ca.jpg

  White river ash eastern lobe - tectonique - doc. Natural Resources Canada / Blast from the past

 

white_river_ash---Mt-Churchill2.jpg Source et emplacements des dépôts de ponce de la "White river ash" - doc. Yukon Geological Survey

Encart du haut : les deux lobes correspondant aux deux éruptions pliniennes - encart du bas : emplacement des zones de ponces proximales et des terrasses en bordure du glacier Klutlan.


Elles sont datées par le GVP de l’an 60 +/- 200 ans, et de l’an 800+/- 100 ans. Les deux éruptions sont qualifiées de VEI 6, la dernière étant la plus importante au vu du volume de tephra émis : plus de 30km³ pour le lobe Est, émis en période hivernale, contre moins de 20 km³ pour le lobe nord, émis en période estivale. (in West, K.D. & Donaldson, J.D. -2000).


Le Mt. Churchill possède un cratère dont le pourtour est composé principalement de cendres, de pierre ponce à grain grossier et de fragments de roches exotiques. Les éclats de pierre ponce diminuent de grosseur et les roches exotiques disparaissent en s’éloignant du sommet du cratère. Les dépôts de la White River Ash et la pierre ponce du sommet du Mt. Churchill présentent des compositions chimique et minéralogique similaires.

 

Churchill-05.1990--Brigham---McGimsey-east-rim-caldera---Du.jpg Une équipe de l'USGS sur le bord Est de la caldeira sommitale du Mt. Churchill - ponces et fragments lithiques de l'éruption de l'an 800 (White river ash, Eastern lobe) - photo G. Dubois - AVO-USGS.

 
white_river_ash---Mt-Churchill1-copie-1.jpg

White-river-ash-10-cm---Yukon--.jpg

 

 

 

 

 

 

 

White river ash eastern lobe / Yukon :

à gauche, particule de poussière très vésiculée (gross. 1200 x) allongée par la violence des conditions au moment de l'éruption de l'an 800 - doc. Yukon Geological Survey - à droite, talus routier exposant une couche claire de 10 cm. d'épaisseur de la White river ash - photo P. Sinclair / Natural Resources Canada.


Outre ces dépôts proximaux, il a été retrouvé des traces de cendres ( White River Ash lobe oriental) de l’éruption en Irlande et en Allemagne (AGU meeting 12.2012).

Ces éruptions figurent parmi les plus importantes éruptions ayant frappé l’Amérique du nord au cours des deux derniers millénaires. Elles ont affecté la faune et la flore, modifié les activités humaines, et influencé le climat mondial … des anthropologues affirment que l’éruption de l’an 800 aurait forcé la migration de groupes d’indigènes vers le S.O. des Etats-Unis.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Churchill

- AVO-USGS - Mt. Churchill

- Mt. Churchill, Alaska : source of the late holocene white River Ash - by D.H. Richter & al.

- Evidence for winter eruption of the White River Ash (eastern lobe) Yukon territory Canada - by K.D. West & J.D. Donaldson

- Natural Resources Canada - Blast from the past 

Par Bernard Duyck - Publié dans : Excursions et voyages - Communauté : VOLCANS
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Samedi 18 mai 2013 6 18 /05 /Mai /2013 00:00

 

Mt-Blackburn---NPS-2.jpg

                                 Alaska - le mont Blackburn - photo National Park Service


Le Mt. Blackburn, le plus haut pic des Wrangell mountains, est en fait le vestige érosionnel d’un grand volcan. Il culmine actuellement à 4.996 mètres. Il est recouvert de glaciers et de neiges éternelles ; les glaciers principaux sont le Kennicott (photo ci-dessous), le Nabesna et le Kuskulana.


Il s’agit vraisemblablement d’un grand volcan-bouclier, contenant une vaste caldeira sommitale (estimée à environ 15 x 20 km). L’érosion de la structure originale ne laisse pas deviner son ancienne forme.


Les roches les plus anciennes du Mt. Blackburn sont des granites qui font intrusion dans les laves situées le long d’une fracture en arc, interprétée comme limite de la caldeira. Ces laves sont datées de plus de 5 millions d’années, et représentent probablement les premiers produits du volcan-bouclier. On retrouve dans le reste du massif Mt. Blackburn des intrusions granitiques plus jeunes, datées de 3,4 Ma, dans une couche faite de coulées andésitiques … ces formations suggèrent que la caldeira primitive doit s’être formée par effondrement entre 4,2 et 3,4 Ma. Il n’y a plus de traces d’activité volcanique suite au collapsus et au remplissage de la caldeira.

 

MtBlackburn-KennicottGlacier---NPS.jpg               Alaska - le mont Blackburn et le glacier Kennicott - photo National Park Service


Le Mt. Jarvis forme le point le plus élevé d’une dorsale de 10 km. de longueur et haute de 4.000 mètres, légèrement en courbe. Elle est composée d’une épaisse séquence de coulées de lave dacitique et andésitique, recouverte soit par une coulée de dacite, soit par de petit dômes de dacite. Une datation faite sur une coulée basale suggère une émission il y a 1,6 Ma. (Richter & Smith 1976)

 

Mt-Jarvis.jpgAlaska - le Mt. Jarvis - 4.091 mètres - en forme d'haltère, sur la gauche, et le glacier Jacksina serpentant vers le point d'observation - photo Wrangell-St.Elias Nat. park / R. McGimsey.


 

Le Mt. Gordon est le plus haut, avec 2.755 m, d’une série de cinder cones basaltique à basalto-andésitique, situés au nord des Wrangell mountains, entre le Mt. Drum et le glacier Nabesna. Beaucoup ont moins de 100 mètres de haut, mais le Mt. Gordon possède des mensurations différentes : 625 m. de hauteur pour un diamètre de 5 km. Il repose sur des laves du Wrangell ancestral. (Richter 1990). Son âge précis est inconnu.

 

Mount_Gordon---D.Richter-USGS.jpgAlaska - Le Mont Gordon recouvert de neige - photo Donald Richter, 1994 (U.S. Geological Survey, published in Richter et al., 1995).

 

Sources :

- AVO - USGS - Wrangell group

- Global Volcanism Program - Gordon

- USGS - Guidebook to the volcanoes of the western Wrangell mountains.

- N.P.S. - Wrangell-St. Helias Nat. Park and Preserve - link

Par Bernard Duyck - Publié dans : Excursions et voyages - Communauté : VOLCANS
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Jeudi 16 mai 2013 4 16 /05 /Mai /2013 00:00

Après le Mont Wrangell, qui a donné son nom au champ volcanique et a été le plus étudié, examinons deux volcans de l'ouest de ce massif : les Monts Drum et Sanford.

 

Wrangell-mountains---USGS.gif

                                 Alaska - les Wrangell mountains - carte simplifiée USGS.


Le Mt. Drum, 3.661 mètres, situé le plus à l’ouest du champ volcanique Wrangell, s’est édifié entre il y a  700.000 et 240.000 ans, au cours de deux cycles majeurs d’activité.

 

Mt-Drum---a-G-dome--a-D-Snider-peak---NPS.jpgAlaska - le Mont Drum et son flanc sud détruit - à gauche, un dôme et à droite, la silhouette pointue du Snider peak, un dôme rhyodacitique (voir coupe ci-dessous) - photo N.P.S.


Le premier cycle – 700.000 à 500.000 ans-, inclut la formation d’un premier cône, stratovolcan (ou possible volcan-bouclier), constitué de coulées d’andésite et dacite, de brèches, lahars et tuffs. La fin du cycle culmine avec la mise en place d’une série de dômes rhyolitiques.


Le second cycle – 500.000 à 240.000 ans -  suit, sans interruption apparente, avec la construction continue du cône, sur base de coulées plus dacitiques et de dépôts pyroclastiques et volcanoclastiques. Il est suivi de la mise en place d’au moins neuf dômes de dacite, le long de deux systèmes en arc entourant le volcan à 8 km. environ de l’évent central. Le dôme rhyodacitique de Snider peak et ses coulées massives de dacite marque la fin de la période de construction.

 

WRANGELL-VOLCANO-BOOK24.---coupe-Mt-Drum-.jpgMt Drum - Coupe géologique nord-sud, montrant l'hypothétique silhouette du volcan avant son explosion et diverses structures actuelles  -  doc. Guide to the Volcanoes of the Western Wrangell mountains.


A la suite du second cycle d’activité, une activité explosive paroxysmale, liée au flanc sud vraisemblablement près de Snider peak, détruit, il y a 100.000 ans, la moitié sud du stratovolcan, générant une avalanche de débris chauds et froids, et des coulées de boues très fluides (provenant de fonte glaciaire), d’un volume de 7 km³, qui va recouvrir plus de 200km² et atteindre Chitina à 84 km..

 

WRANGELL-VOLCANO-BOOK24---mt.Drum.jpgMt Drum - emplacement de la grande avalanche de débris et des lahars - doc. Guide to the Volcanoes of the Western Wrangell mountains.

 

Mt-Drum---Shrub-mud-volcano---G.McGimsey-AVO.JPG Alaska - en fond, le Mt Drum - à l'avant-plan, le Shrub mud volcano dépassent de 100 mètres le bassin de la Cooper river- photo G.McGimsey / AVO-USGS

 

Deux volcans de boue sont localisés dans le bassin de la Cooper river, près des Wrangell Mountains : le Shrub et le Klawasi.

La première éruption du volcan de boue Shrub date de 1997 et était continue en 2009. La production est principalement composée de boue et gaz, surtout du CO2, avec de l'hélium, du méthane, de l'argon et de l'azote. L'analyse isotopique du carbone suggère un mix entre le CO2 d'origine magmatique et celui provenant de contact avec le calcaire métamorphique en profondeur. L'hélium dérive de sources magmatiques crustales.

Le dioxyde de carbone est responsable de la mort d'arbres, oiseaux et faune sauvage à proximité; sa concentration est dangereuse pour les visiteurs.

 

Le Mt Sanford, un grand volcan-bouclier disséqué, avec un impressionnant sommet bombé, est le plus haut du champ volcanique Wrangell ; il culmine à 4.949 mètres, couvert de neiges éternelles, ce qui rend les observations géologiques difficiles.

 

Mt-Sanford---NPS.jpg                                       Alaska - le Mt Sanford - photo N.P.S.

 

Mt-Sanford---Alaska-trekker.jpg           Alaska - Mt Sanford - le sommet arrondi, vu sous un angle différent - photo Alaska trekker.


La principale fenêtre dans cette couverture glaciaire est le grand amphithéâtre situé à la tête du glacier Sanford. Les dernières études indiquent que le Mt. Sanford est relativement jeune : il s’est développé sur une base d’au moins trois volcans-boucliers andésitiques coalescents, actifs à dater de 900.000 ans pendant quelques centaines de milliers d’années, et référencés comme Centres éruptifs Sanford nord, ouest et sud.


L’activité a ensuite migré vers un évent central, en surimposant une grande structure andésitique, un dôme épais ou une coulée de lave emplissant un cratère sommital ? Ces centres éruptifs comportent des intrusions de dacite et andésite, des complexes de dykes, des dépôts divers et des évents localisés sur un rift linéaire ; ces centres sont marqués par des hauteurs marquant la topographie.

 

WRANGELL-VOLCANO-BOOK25---Sanford-flow.jpg Mt Sanford - localisation des trois centres éruptifs et de la coulée rhyolitique - doc. Guide to the Volcanoes of the Western Wrangell mountains.


Une caractéristique qui rend le volcan Sanford unique au sein du champ Wrangell est la Grande coulée de rhyolite, probablement éruptée du centre éruptif nord, il y a 600.000 à 500.000 ans : 20 km³ de rhyolite se sont répandues sur le flanc nord-est du volcan sur plus de 18 km.,  et sur une épaisseur atteignant par place 305 m d’épaisseur.

 

Sources :

- Guide to the Volcanoes of the Western Wrangell mountains.

- Global Volcanism Program - Sanford

- AVO - USGS - Wrangell mountains

Par Bernard Duyck - Publié dans : Excursions et voyages - Communauté : VOLCANS
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Mardi 14 mai 2013 2 14 /05 /Mai /2013 00:00

Wrangell-USGS.jpg

      Alaska - le Mont Wrangell et le Mt Zanetti, un spatter-cinder cone, sur la gauche- photo USGS


Le Mont Wrangell est un important volcan-bouclier andésitique : trente 266506.jpgkilomètres de diamètre basal, pour un volume de 900 km³. Son sommet occidental culmine à 4.271 mètres. Il est couronné par une caldeira de 6 km. sur 4, emplie de glace et dont la profondeur excède 1 km.

 

Diamètres et hauteurs comparés des différents types de volcans - les géants sont les volcans-boucliers, dont le Wrangell - doc. Guide to the Volcanoes of the Western Wrangell mountains.

 

Cette caldeira n’a pas une origine explosive, mais semble s’être formée en réponse au retrait du magma des réservoirs situés dans la zone sommitale.

 

WRANGELL-VOLCANO-BOOK17.jpg

Coupe d'un modèle illustrant le développement d'un volcan-bouclier type Wrangell - Doc. guide to the volcanoes of the Western Wrangell Mountains.

 

mt-Wrangell-map---USGS.gifTrois cratères,  post-caldeira, d’un diamètre de moins d’un kilomètre, se sont formés sur le bord ouest et nord de la caldeira ; ils présentent une activité géothermale (photo ci-dessous).

Le flanc nord abrite un cône de projections et de cendres, le Mont Zanetti : 450 m. de haut (il culmine à 3.965 m.), il a été la source de coulées de lave.

 

Carte simplifiée du Mt. Wrangell - doc. USGS


Des coulées de lave ont parcouru 58 km. sur le flanc sud-ouest, une mobilité due à un ratio d’éruption élevé, et non à leur composition andésitique riche en phénocristaux (Nye 1983).

Des glaciers couvrent son sommet et ses flancs : au nord, le glacier Nabesna, au sud, le Chetaslina, à l’est, le Chichokna et le Dadina.

 

Wrangell-ice-filled-caldera.jpg Mt Wrangell - une portion de la caldeira - activité fumerollienne au niveau d'un des trois cratères post-caldeira Photo Chris Nye (Alaska Division of Geological and Geophysical Surveys, Alaska Volcano Observatory).

 

Mt-Wrangell---neiges-eternelles---NPS.jpg                        "Les neiges éternelles du Wrangell" - photo National Park Service.


Son histoire éruptive est longue.

Il a commencé à se construire il y a 750.000 ans sur un édifice plus ancien datant du pléistocène ; une accumulation de volumineuses coulées de lave lui ont donné sa masse, principalement entre il y a 600.000 à 200.000 ans. La caldeira sommitale s’est formée par effondrement, probablement il y a 50.000 ans.

Le Mont Zanetti a été actif à la fin de la dernière glaciation importante, il y a moins de 25.000 ans.

Son activité a été marquée par trois épisodes violents en 1784, 1884-85 et 1900. Au 20° siècle, le GVP rapporte sept éruptions. La dernière est datée du 1° et 2 août 2002.

 

Wrangell-1902---W.C.Mendenhall-USGS.jpgLe Mt. Wrangell durant l'été 1902 - photo archives USGS / W.C. Mendenhall, géologue - un panache de vapeur marque le sommet, et les flancs sont noircis par de la cendre.


Le Mont Wrangell est toujours considéré comme actif ; ses trois cratères post-caldeira présentent des fumerolles, et un panache de vapeur peut surmonter occasionnellement le sommet, par temps calme.  De plus, les cratères nord et ouest ont été le siège d’activité phréatique au cours des temps historiques, et le sommet est de temps en temps noirci par une fine couche de cendres noires.

 

Wrangell---profsurv.jpgMt. Wrangell - fumerolles au niveau d'un cône post-caldeira, situé en bordure de celle-ci - photo profsurv

 

Wrangell--flanc-NO-cendres-de-crat.-O---Traw--Doyle---AVO.jpgMt. Wrangell flanc nord-ouest - des cendres recouvrent les neiges (émises par le cratère ouest ?) - photo Taw, Doyle / via AVO-USGS


Des recherches récentes indiquent que l’activité fumerollienne et phréatique sommitale croît et décroît en réponse aux variations de flux de chaleur, qui à son tour, peut augmenter après des séismes majeurs touchant le sud de l’Alaska.

Deux exemples :

- après le séisme Yakataga de 1899, les retombées de cendres sur le champ de glace sommital se sont fait communes,  et

- après le séisme de 1964 de M 8,3, l’activité thermale sommitale (cratère nord) s’est accrue fortement, phénomène suivi par l’université d’Alaska grâce aux changements du volume des glaces (link). L’activité sismique peut apparemment modifier les canaux de convection des eaux sous les cratères pour permettre un meilleur transfert calorifique.

 

11wra01f.pngMt. Wrangell - coupe du cratère nord montrant les changements de volume de la glace recouvrant celui-ci , entre 1957 et 1983, et une nette diminution après 1965, causé par l'accroissement du flux de chaleur.
 d'après Benson et Motyka (1978) et Benson & al. (1984) / GVP.

 

Wrangell-----NPS-2.jpg Coucher de soleil sur le Mt. Wrangell (avec le Mt. Zanetti bien éclairé sur la gauche) - photo N.P.S.


Toponymie :

Admiral-Wrangel.jpg Il doit son nom au baron russe Ferdinand von Wrangell, amiral, explorateur, homme d'État, scientifique et président de la Compagnie russe d'Amérique entre 1830 et 1835. Il est également appelé pic Chechitno, K'elt'aeni ou Uk'eledi. K'elt'aeni signifierait approximativement "celui qui contrôle " dans le dialecte athapascan des Ahtnas tandis que Uk'eledi est "celui qui fume ".

 

Sources:

- Global Volcanism Program - Wrangell

- USGS - Guide to the volcanoes of the Western Wrangell Mountains.

- N.P.S. - Wrangell-St Elias - link

- Summitpost - Wrangell mountains - link

Par Bernard Duyck - Publié dans : Excursions et voyages - Communauté : VOLCANS
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Dimanche 12 mai 2013 7 12 /05 /Mai /2013 00:00

3D9A832A-1DD8-B71C-0719CE779D786233-large.jpg                       Alaska - Les Monts Wrangell et la Cooper river - photo National Park Service

 

_maps_wrangells.jpg                                                        Alaska - les Monts Wrangell

 

Le champ volcanique Wrangell couvre 10.400 km², et s’étend depuis le bassin de la Cooper river en Alaska en direction de l’Est, au travers des Monts Wrangell vers les monts St Elias et le territoire Canadien du Yukon.

Les volcans qui le composent se sont établis et ont émis leurs coulées sur un sous-bassement plus ancien à l’histoire géologique complexe : le terrane Wrangelia.


En géologie, un terrane est un morceau de croûte terrestre qui s'est détaché d'une plaque tectonique puis accrété ou suturé  sur une plateforme continentale ou un craton d'une autre plaque tectonique, ayant ainsi une histoire géologique différente de celle de ses formations environnantes. Il s'agit en général de matériaux apportés par subduction. 

 

WRANGELL-VOLC.-F.-12.jpg Alaska - le champ volcanique Wrangell, coloré -  les principales failles et les limites des terranes Wrangelia et Yakutat - doc. Wrangell volcanoes / USGS


Le terrane Wrangelia a débuté son histoire en tant qu’arc volcanique, il y a quelques 300 Ma. Après la cessation d’activité de cet arc volcanique, un rift s’est développé entre celui-ci et le continent nord-américain ancestral … les éruptions basaltiques ont rempli le bassin du rift. Ensuite, ce sont des mers chaudes et peu profondes qui ont déposé du calcaire et d’autres sédiments sur ces roches volcaniques. Sous l’effet de la tectonique, le terrane Wrangelia est remonté vers le nord, au cours des 200 Ma suivants, pour enfin se souder à d’autres terranes et se coller au côté ouest de l’amérique du nord, il y a 100 Ma. Le terrane Yakutat s’y est accolé il y a 26 Ma, et est en partie responsable du développement du champ volcanique Wrangell.

 

WRANGELL-VOLCANO-BOOK15.jpg Alaska - le développement au cours des derniers 25 Ma du champ volcanique Wrangell au travers de la subduction de la plaque Pacifique sous la plaque Nord-Américaine. - doc. Wrangell volcanoes / USGS

 

Les volcans du champ Wrangell :

Ils ont commencé à se développer, il y a 26 Ma, lorsque le terrane Yakutat, poussé par le mouvement vers le nord-ouest de la plaque Pacifique, a commencé sa subduction sous la plaque continentale nord-américaine. La forte subduction et la production magmatique volumineuse sont responsables de la croissance des géants du champ volcanique : les Monts Sanford et Wrangell, deux volcans-boucliers imposants.

Les volcans les plus anciens ont vu leur superstructure érodée par divers processus, dont les glaciers, et seul le Mt. Wrangell  possède encore une vague forme de bouclier.

 

Wrangell---Drum---D.Richter-AVO.jpg

Alaska - à gauche, le volcan-bouclier Wrangell (4.317 m.) - à droite, le Mt Drum (3.661 m.) - à l'avant-plan, la Cooper river - photo D. Richter / AVO-USGS.

 

En complément de ces volcans-boucliers, de nombreux petits cônes de cendres ont dispersés dans le champ volcanique ; ils sont typiquement de composition basaltique ou andésitique, généralement monogéniques et formés postérieurement au bouclier qui les abrite. Un exemple nous est donné avec le Mt Gordon.

Au sud-est du champ volcanique, et dans les Monts St Elias, les volcans sont datés entre 26 et 5 Ma. Par contre, tous les volcans des Monts Wrangell ouest ont moins de 5 Ma.

 

WRANGELL-VOLCANO-BOOK18.jpg

Alaska - périodes d'activité éruptive des différents volcans de l'ouest du groupe Wrangell, du plus jeune, le volcan-bouclier Wrangell, au plus âgé, le Mt Blackburn - doc. Wrangell volcanoes / USGS

 

Sources :

- USGS - Guide to the volcanoes of the western Wrangell mountains, Alaska - by D.H. Richter & al.

- AVO-USGS - Mount Wrangell - link

- Global Volcanism Program - Alaska eastern volcanoes - link

Par Bernard Duyck - Publié dans : Excursions et voyages - Communauté : VOLCANS
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Vendredi 10 mai 2013 5 10 /05 /Mai /2013 00:00

A proximité des maars Ukinrek, le centre volcanique Ugashik-Mont Peulik a été le siège d’un volcanisme explosif qui comprend la formation d’une caldeira de 5 km. de large à la fin du Quaternaire, et d'une activité de dômes post-caldeira à l’Ugashik. Le stratovolcan Peulik s’est édifié sur le flanc nord de l’Ugashik à l’Holocène.

 

Ugashik-Mt-Peulik-volcanic-center--USGS15.jpgAlaska - le centre volcanique Ugashik-Mt. Peulik - les flèches noires correspondent à la direction des avalanche de débris relatives au Mt Peulik - en rouge, les plus grands monticules des avalanches en hummock. - carte USGS.

 

MountUgashik-peulik.---mountain-forecast-copie-1.gifAlaska - situation du complexe Ugashik-Mt.Peulik vis às vis des lacs l'entourant - carte Mountain forecast.


L’Ugashik :

L’édifice pré-caldeira de l’Ugashik, plutôt un complexe de dôme,  a été détruit à la fin du Pleistocène ; La datation K-Ar des roches volcaniques pré-caldeira est de 171.000 +/- 22.000 ans.

L’ effondrement a formé une caldeira de 5 km de diamètre. Le volume éjécté est estimé entre 5 et 10 km³, en un seule éruption plinienne, daté d’au minimum 40.000 ans.

Ces dépôts importants ont été retravaillés par la glaciation de la fin du Pléistocène.

 

Ugashikcaldera-adjacent-Peulik-volc.-M.E.Yount-USGS.jpgAlaska - la caldeira de l'Ugashik et cinq dômes, vus de l'est avec la lac Ugashik supérieur en arrière-plan.

- les trois plus grands dômes ont en arc de cercle en fond de caldeira, numérotés de 1 à 3 de gauche à droite - photo Betsy Yount (Alaska Volcano Observatory, U.S. Geological Survey - 11.04.1984)

 

Les éruptions post-caldeira ont formé de larges dômes, de dacite-rhyolite, qui recouvrent de nombreuses bouches et débris d’autres dômes ; ces matériaux recouvrent le plancher de la caldeira, ne laissant qu’un petit fossé entre les dômes et ses parois. Le côté NO du groupe de dôme est partiellement couvert d’une coulée de lave en blocs émise par le Mont Peulik.

Le plus grand dôme, de nature composite, mesure 440 m. de hauteur et 2.000 mètres de large. La surface douce de la plupart des dômes laisse penser qu’ils ont subi une glaciation … ils sont daté du pré-holocène, à l’exception du dôme I , interprété comme datant de l’holocène(au centre-gauche de la caldeira sur la photo ci-dessus).

 

Ugasik-du-N---Cyrus-Read--22.06.2006.JPG         Alaska - la caldeira de l'Ugashik, vue du nord - photo Cyrus Read 06.2006 / AVO-USGS

 

Durant l’Holocène, l’activité éruptive sest déplacée de quelques kilomètres en direction du nord, et la composition du magma a évolué de dacito-rhyolitique à basalto-andésitique  au Mont Peulik.

 

Le Mont Peulik :

C'est un petit stratovolcan tronqué, d’un diamètre basal de 10 km environ et d’un volume de 5,6 km³, qui s’est contruit sur un sous-bassement de roches sédimentaires du Jurassique, en au moins trois épisodes impliquant à la fois des évents de flancs et sommitaux. Il recouvre partiellement le flanc nord de l’Ugashik. Un cratère sommital, large de 1500 mètres, s’ouvre vers l’ouest ; il est occupé par un dôme de 500 m. de diamètre.

 

-Becharof_National_Wildlife_Refuge-Alaska---Mt-Peulik---US-.jpg   Alaska - le Mont Peulik et Gas Rocks, à l'avant-plan, vus du lac Becharof - photo Fish & wildlife sv.


Ce dôme, tout comme ces prédécesseurs, sont la source d’épais dépôts de coulées de blocs et cendres qui recouvrent le flanc ouest du volcan sur près de 40 km². Un petit dôme est présent sur le flanc Est, vers 1200 m. d’altitude, responsable d’une petite coulée de blocs.

Les dépôts d’une avalanche en hummocks, couvrant 75 km² au nord du volcan, représentent un effondrement sectoriel antérieur. Près de 450 monticules de taille valable et 360 lacs ou bassins d’un diamètre supérieur à 30 mètres sont répertoriés dans les dépôts cartographiés.

Des coulées de lave en provenance d’éruptions de flanc couvre 8 km² au nord du Peulik, s’étendant sur 6 km. en direction du lac Becharof.

 

Peulik---R.-Dreeszen---AVO-01.2006.jpg Alaska - Mt. Peulik, vu du lac Ugashik inférieur - le dôme est au centre de la somma - photo Dreeszen, Robert / AVO 13.01.2006

La seule éruption documentée du Peulik est datée de 1814. Une analyse satellite par interférométrie suggère un corps magmatique localisé à 6,6 km de profondeur, ayant subi une inflation de 0,051 km³ entre octobre 1996 et septembre 1997. (Lu & al) … ce qui laisse supposer une possible activité éruptive future.

 

Sources :

- Global volcanism Program - Ugashik-Peulik

- USGS - Geology of the Ugashik-Mount Peulik Volcanic Center, Alaska

By Thomas P. Miller

- AVO-USGS - Ugashik-Peulik volcano - link

 

Par Bernard Duyck - Publié dans : Excursions et voyages - Communauté : VOLCANS
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Mercredi 8 mai 2013 3 08 /05 /Mai /2013 00:00

Après les maars d’Espenberg, et toujours en Alaska plus particulièrement sur la péninsule du même nom, passons aux maars Ukinrek.

Ces deux maars sont situés à 1,5 km au sud du lac Becharof, et 12 km au NO du volcan Peulik, sur la faille Bruin Bay.

 

Ukinrek_Maars-south-shore-Becharof-lake--C.Nye-Geological--.jpg Alaska - les maar Ukinrek, à l'avant-plan, et Gas Rocks, formant une péninsule en bordure du lac Becharof. - photo C. Nye / Geological and geophysical survey - USGS.

 

Alaska-volcano-map.gif Péninsule Alaskienne - position des volcans sur l'arc volcanique - les maars Ukinrek et le groupe Ugashik-Peulik  sont situés en bordure du lac Becharof (et sur une ligne parallèle à la côte sud--ouest de l'île Kodiak) - doc. AVO-USGS.

 

Récents, ils furent créées au cours d’une violente éruption, de VEI 3, qui dura 12 jours, du 30 mars au 9 avril 1977. Une remontée magmatique le long de structures profondes recoupant la faille de Bruin Bay, et sa rencontre avec les eaux stockées dans les dépôts pyroclastiques riches en ponces intercalés dans le till (sédiments glaciaires non triés) génère une explosion phréatomagmatique, accompagnée d’un panache de gaz et cendres montant à 6.500 mètres, qui forme le maar Ouest.

 

Ukinrek-maar-03.04.1977----Ken-Parker.jpgAlaska - Ukinrek maar Ouest le 3 avril 1977 - on aperçoit un évent phréatomagmatique produisant une colonne de cendres et de la lave sur le plancher - Photo by Ken Parker, 1977 (Alaska Department of Fish and Game).

 

Ukinrek-maar-06.04.1977---Russell-Alaska-dept-fish---game-jpg

Alaska - Ukinrek maar - 06.04.1977 - la rencontre du magma et de l'eau - Photo courtesy of Russell. -  Alaska Department of Fish and Game./ AVO-USGS

 

Plusieurs jours après, l’activité glisse vers l’est, où de violentes explosions phréatomagmatiques forme le maar Est. Le panache de gaz et cendres monte à 4.000 mètres. Les explosions génèrent des " base surges " modérés et propulsent des blocs à 600 mètres.

La fin de la séquence éruptive se caractérise par un fountaining strombolien et la construction d’un dôme ; Au 10 avril, l’activité se résume au dôme qui fume.

 

ukinrek-maar-eruption-04.1977-USGS.jpg                               Alaska - Ukinrek maar Est -panache du 6 avril 1977 - photo USGS.


Le maar Ouest est de forme elliptique, de 170 mètres sur 105 et une profondeur de 35 mètres ; son homologue Est  a une forme circulaire, d’un diamètre de 300 mètres et une profondeur de 70 mètres. Le maar Est est occupé par un dôme de lave haut de 49 mètres, partiellement puis totalement recouvert par un lac de cratère.

 

West-Ukinrek-maar-08.93-G.McGimsey-AVO.jpg                Alaska- le Maar Ukinrek Ouest, en août 1993 - photo Game Mc Gimsey / AVO-USGS

 

ukinrek-maar-strata.jpg                   Alaska - le maar Ukinrek Est - dépôts stratifiées qui bordent le maar.

A view of the southeast crater wall showing stratified tephra deposits produced during the 1977 eruption. About 15 meters of tephra overlie a thin layer of glacial till that caps ash-flow deposits produced by an earlier eruption at Ugashik Caldera. Image by the United States Geological Survey.

 

ukinrek-maar-crater.jpg

Ukinrek-geologic-map---T.P.Miller---Miller-----Kienle--.gif


 

 

 

 

 

 

 

A gauche, vue verticale du maar Ukinrek Est - photo USGS.

A droite, coupe du maar Est et situation du dôme en 1977 - doc. Miller and Kienle 

 

Le matériel juvénile des éruptions de 1977 est de composition basaltique à olivine, dérivée du manteau ; les dépôts entourant le maar Est sont formés de couches altérnées de tephra de granulométrie fine à moyenne et de scories noires, avec des fragments lithiques. Leur épaisseur varie entre 11 et 26 mètres.

 

A proximité, en bordure du lac Becharof, les dômes dacitiques de Gas Rocks, datés du quaternaire, furent le site d’éruption phréatique il y a 2300 ans.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Ukinrek maars

- USGS - AVO - Ukinrek maars

- USGS - Geology of the Ugashik-Mt Peulik volcanic center, Alaska.

Par Bernard Duyck - Publié dans : Excursions et voyages - Communauté : VOLCANS
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- Volcans du monde - M. & K. Krafft - L'Odyssée Flammarion
- Les feux de la terre - M. & K. Krafft - Ed. de La Martinière
- Volcans et éruptions - M. Krafft - Hachette
- Les feux de la terre, histoires de volcans - M. Krafft - Gallimard
- Au coeur de la Fournaise - M. Krafft & R. Benard - Ed. Nourault
- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft & F.de Larouzière
- L'odeur du soufre, expédition en Afar - H; Tazieff - Stock
- Sur l'Etna - H. Tazieff - L'Odyssée Flammarion
- Volcanologie - J-M. Bardintzeff - Dunod
- Volcanism - H-U. Schmincke - Springer

- Vulkane der Eifel - H-U.Schmincke

- Vom magma zum Mühlstein  - Bellerberg vulkan - E.Harms
- Guide des volcans - M. Rosi & al. - Delachaux et Niestlé
- Des volcans et des hommes - J. Durieux & Ph. Bourseiller -
   Ed. de La Martinière
- Volcans - J-M. Bardintzeff & O. Grunewald - Chene
- Volcans - P. Clarkson - Nathan
- Volcanoes of North America - Ch.A.Wood & J.Kienle
- Windows into the earth - Robert Smith & Lee Siegel
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Dictionnaire des volcans - D.Decobecq & J-C.Tanguy - éd. Gisserot.

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